Élevage

Blonde d’Aquitaine : « Accentuer le développement musculaire »

Le développement musculaire sur le haut de l’animal est un axe fort de sélection en race Blonde d’Aquitaine. Les qualités maternelles et le gène sans cornes sont aussi des enjeux.

« Les aptitudes bouchères restent une priorité en Blonde d’Aquitaine, mais nous entamons aujourd’hui un rééquilibrage vers davantage de développement musculaire ciblé dans les parties supérieures de l’animal où se situent les morceaux nobles », précise Ludovic Izard, responsable pôle génétique viande chez Auriva-Elevage. « Le format a déjà été bien travaillé sur la race offrant un potentiel de carcasse supérieur à d’autres races bovines. Des qualités reconnues dans la vente des broutards ou des réformes. Aujourd’hui, nous recherchons du qualitatif avec du rendement de carcasse. La finesse d’os reste au cœur de notre stratégie de sélection. »
Mais avec des élevages grandissants depuis plusieurs années et une main-d’œuvre en baisse, la simplification du travail est aussi une attente grandissante de la part des éleveurs. « Les qualités maternelles sont testées à la station de Casteljaloux, avec une priorité à la facilité de naissance et l’aptitude au vêlage. La fertilité et la production de lait sont aussi regardées. La génomique devrait nous aider à aller plus loin dans la sélection de ces caractères. »

Introduction progressive du « sans cornes »

Le gène « sans cornes » a commencé à être introduit dans le noyau de sélection en 2010 avec l’achat de semence de 2 taureaux blonds “polled” d’Europe du nord. La station de biotechnologies d’Auriva, près de Pau, a permis le développement de ce gène au travers du troupeau de donneuses d’embryons. « Depuis 5 ans, un taureau par an (hétérozygote) est évalué en ferme. Un taureau “sans cornes” hétérozygote est disponible pour le croisement et les premiers mâles homozygotes arrivent en contrôle individuel. Nous introduisons progressivement ce caractère car une enquête réalisée auprès des éleveurs montrait la volonté de conserver des performances comparables aux taureaux cornus. »

Ludovic Izard rappelle par ailleurs que depuis des décennies, une branche spécifique du schéma est axée vers des taureaux terminaux, pour le croisement ou pour produire des jeunes bovins en race pure. « Ces mâles sont sélectionnés en priorité sur les facilités de naissance, le développement musculaire et la croissance. L’accent est mis sur la précocité. Des évaluations sont réalisées sur des vaches laitières. »

5 000 femelles génotypées pour plus de précision génomique

Le génotypage est accessible aux éleveurs en Blonde d’Aquitaine depuis 2016, pour les mâles comme les femelles. « Les éleveurs peuvent demander la détection des gènes d’intérêt et des anomalies génétiques ou peuvent aller plus loin avec une évaluation génomique Iboval. Aujourd’hui, la génomique est utilisée en systématique sur les reproducteurs mâles », note Ludovic Izard. Pour accroître la fiabilité des index génomiques, Auriva a lancé le programme « 5 000 géno » qui vise à étoffer la population de référence. « 5 000 femelles » de carrière « au contrôle de performances vont être génotypées. »
Le schéma génétique de la race Blonde d’Aquitaine repose sur différentes stations d’évaluation. Chaque année, environ 300 veaux mâles destinés à la monte naturelle ou l’insémination sont évalués dans deux stations gérées par Blonde génétique : à Casteljaloux (47) et à Doux (79). Les 45 meilleurs veaux mâles prennent ensuite la direction de la station de Soual dans le Tarn gérée par Auriva où ils sont testés en contrôle individuel pour l’IA. Une station de testage des qualités maternelles Auriva est également située à Casteljaloux où sont contrôlées les filles des taureaux évalués sur ces aptitudes avant leur diffusion à l’IA. 

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