Edito

Expert es-tu là ?

D’abord craintif, le dindon, un des « héros » du livre à succès « Le cygne noir », de Nassim Nicholas Taleb, prend progressivement confiance et accourt bientôt vers l’éleveur venant le nourrir chaque matin à heure fixe. Avec de plus en plus d’assurance. Ainsi en va-t-il pendant 1 000 jours. Pourquoi n’en serait-il pas de même les jours suivants ? Le 1 001e jour, le dindon se précipite donc avec la même vivacité vers son éleveur-nourrisseur… Mais, pensant plonger le bec dans l’auge généreuse, le voilà suspendu par les pattes. Le dindon bien en chair ne savait pas que le 4e jeudi de novembre est un « cygne noir » pour les dindes promises Thanksgiving.
Le volatile eut-il eu un cerveau d’un éminent expert qu’il aurait décelé l’intention de son soigneur muté en saigneur, et il aurait ainsi échappé au sacrifice ?

Peu probable selon Dan Gardner, auteur de « Futurologie à deux balles : pourquoi les prévisionnistes se trompent et pourquoi nous les croyons malgré tout ». Ses propos s’appuient sur une étude d’un psychologue américain, Philippe Tetlock, qui avait sélectionné 284 universitaires, économistes et chercheurs auxquels il fut demandé en 1984 de fournir des prévisions vérifiables. Vingt ans plus tard, cette étude constatait que « la plupart des experts n’étaient pas plus adroits que des chimpanzés lançant des fléchettes sur une cible ». Les prévisions erronées concernent en fait tous les domaines. En 1968, le biologiste Paul Ehrlich faisait trembler la planète en prévoyant des grandes famines dans les décennies 70/80 car la population mondiale augmenterait plus rapidement que la production agricole, assurait-il. Depuis, la population a presque doublé et la proportion d’êtres humains sous-alimentés a presque été divisée par trois.

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