Edito

Une hirondelle

Fin août, les hirondelles se préparent déjà au départ. Dans moins d’un mois, elles s’envoleront vers leur clémente contrée d’hiver. Quand elles prendront leur envol, l’année agricole sera quasi bouclée. Ce n’est pas un hasard si les anciens ont choisi la « Saint-Michel » pour déménager. Au 29 septembre, on compte les points et les grains de l’année.

À ce titre, 2020 ne ressemble en rien aux années précédentes. Car si l’agriculture a assuré l’approvisionnement des magasins pendant le confinement, elle risque, à l’instar des autres secteurs, de payer la facture à l’automne. Avec une récession qui touche l’ensemble de la population de la planète, l’alimentation ne sera pas épargnée par la cure d’amaigrissement qui se profile. La FAO fait déjà les comptes : en 2020, la consommation de viande devrait reculer de 3 % par habitant par rapport à 2019. Les consommateurs ont boudé les achats plaisir pendant le confinement et ont moins souvent déjeuné à l’extérieur. Or la viande reste un pilier de la restauration hors domicile, comme dans le populaire hamburger et pour la « street food » (cuisine de rue).

Le ralentissement est planétaire. Les Chinois, mis en garde sur l’hygiène, se sont en partie détournés des protéines animales. Ce à quoi il faut ajouter les effets des fermetures d’abattoirs aux Etats-Unis, au Brésil, et dans certains pays d’Europe. Pour le bovin qui voit ses parts de marché s’éroder depuis des années, c’est un coup dur. Pour les hirondelles qui adorent voleter entre les vaches les jours de pluie pour s’alimenter et faire leurs réserves pour le grand voyage aussi. Tous ceux qui pensent que la disparition de l’élevage ferait le printemps de la planète, imaginent-ils un instant que la vache que l’on élimine fait aussi l’automne de l’hirondelle ?

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