Cultures

L’analyse de terre, une stratégie gagnante

Au fil des années, les techniciens cultures reçoivent de plus en plus d’appels d’agriculteurs concernant des accidents culturaux. Bien connaître son sol est un atout pour les éviter.

Ces accidents sont de diverses origines (adventices, insectes, façons culturales, manque d’eau, mauvais équilibre des éléments minéraux du sol…). L’addition de ces différents facteurs met en péril la culture. C’est souvent à ce moment-là que l’agriculteur et le technicien se rendent compte que les éléments minéraux du sol sont déséquilibrés. En Bretagne, nous constatons que 30 % des sols présentent des déséquilibres plus ou moins importants. Les équilibres peuvent être rompus, bien sûr, par des teneurs faibles de certains éléments, mais aussi, par des excès. L’analyse de sol est l’outil le plus fiable connu à ce jour pour s’assurer de ne pas être en limite de risque. Par exemple, nous observons de plus en plus de carences en manganèse, mais aussi en potasse. Parfois, ces carences ne s’expriment pas jusqu’à provoquer un accident de culture visible, mais elles ont un effet certain sur le rendement et la santé des plantes.

Une analyse tous les 4 à 5 ans

En fonction de la sensibilité des cultures, de la CEC (Capacité d’échange cationique), de la profondeur du sol, du passé cultural des parcelles, chaque agriculteur doit déterminer la fréquence des analyses. Les sols ayant une CEC faible (faible pouvoir de rétention) évoluent plus rapidement. Avant les cultures à fortes valeurs ajoutées comme les pommes de terre, les échalotes, les légumes, en général, l’analyse de sol devrait être un prérequis pour éviter les risques.

Exemple de la pomme de terre

C’est une plante qui pousse très vite. En croissance active, la pomme de terre peut mobiliser jusqu’à 4 kg d’azote et 9 kg de potasse par jour. C’est une culture également exigeante en phosphore, magnésium et calcium et une plante relativement sensible aux oligo-éléments : bore, zinc, manganèse. En plant de pomme de terre, une nutrition équilibrée favorise une qualité de germination, une régularité de levée des futurs plants, une meilleure résistance aux chocs et une meilleure conservation. En l’absence d’analyse, les producteurs apportent systématiquement entre 220 et 250 unités de potasse par hectare et entre 50 et 100 unités de phosphore par hectare. Bien que les accidents culturaux visibles en pomme de terre soient peu courants, il est certain que l’analyse de sol peut contribuer fortement à augmenter ses résultats financiers. Les rendements en pomme de terre varient de plus de 10 % d’une parcelle à l’autre dans une même exploitation. Pour cette culture, le coût d’une analyse ne représente que 0,3 % de rendement.

En réalisant une analyse avant cette culture, les producteurs constatent bien souvent qu’il est possible d’augmenter ses marges en jouant sur une fertilisation plus équilibrée. La potasse, la magnésie et le bore ayant une interaction très forte entre eux, il est possible d’apporter moins de potasse dans certaines parcelles. Dans d’autres parcelles, c’est un petit apport de bore qui permettra de gagner en rendement et en qualité. Et cela, seule une analyse physico-chimique en laboratoire peut le déterminer.

L’importance des oligo-éléments

Les oligo-éléments interviennent dans de nombreux phénomènes comme la photosynthèse, la croissance, la fertilité, la synthèse des protéines et des glucides, la fixation de l’azote, la migration des sucres… Il est donc très important de les analyser pour consolider le diagnostic (voir le tableau des sensibilités culturales). Nous sommes en période idéale pour programmer vos analyses de sol pour la saison prochaine, n’hésitez pas à contacter votre technicien Eureden.

Pierrick Tanguy / Eureden

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