Élevage

Une chaudière à biomasse chauffe le poulailler

Les associés de L’EARL du Manoir à Plougoulm ont opté pour une chaudière à biomasse alimentant des aérothermes pour chauffer le poulailler neuf de 2 100 m2, l’objectif est de s’affranchir du gaz tout en améliorant les taux de pododermatites des poulets.

Patrick, Frédéric Riou et Céline Maillot (compagne de Frédéric) sont associés à Plougoulm (29) en production de poulet lourd sur 11 000 m2. Début mars, ils ont reçu leur premier lot de poussins dans le poulailler neuf de 2 100 m2. « Nous avions deux anciens poulaillers d’une surface équivalente au neuf. Nous avons choisi d’en démonter un pour en reconstruire un à la même place et de garder l’autre pour y installer la chaudière à biomasse et stocker les plaquettes de bois qui alimentent ce nouveau mode de chauffage », explique Frédéric Riou. Les associés ont opté pour cette chaudière multiproduit de 220 Kw de puissance qui peut être alimentée avec des plaquettes de bois mais aussi avec du miscanthus ou encore de la paille.

Des aérothermes Multiheat assurent le chauffage de la salle d’élevage

Trois fois plus cher que le chauffage classique

Les aviculteurs estiment que cette chaudière n’est pas capricieuse même lorsqu’elle est alimentée avec du bois de moins bonne qualité. Pour autant, il n’est pas question de mettre des plaquettes de mauvaise qualité dans la chaudière. Le contrat passé avec le fournisseur de plaquettes prend en compte la quantité commandée mais également la qualité avec une humidité comprise entre 20 et 35 %. « Nous avons investi 114 000 € dans la chaudière, les aérothermes et le réseau de chaleur. Nous avons bénéficié d’une subvention régionale de 19 160 € pour installer ce type de chauffage. Le prix de la chaudière et des équipements qui est trois fois plus cher que du chauffage classique au gaz est clairement un frein mais nous souhaitions être moins dépendants du gaz. Avec ce mode de chauffage produisant de l’eau chaude qui alimente les aérothermes, nous n’avons pas de dégagement de CO2 ni d’hygrométrie liés à la combustion du gaz dans le poulailler ce qui permet entre autres de mieux maîtriser les taux de pododermatites. Les fluctuations du prix du gaz et l’arrivée de nouvelles taxes ont fini de nous convaincre d’installer ce mode de chauffage », racontent les trois éleveurs.

Céline Maillot, Frédéric et Patrick Riou, aviculteurs à Plougoulm ; Guenaël Le Sourd, responsable Huttepain Bretagne

Des transitions entre chaque gamme d’aliment

Les associés ont fait confiance à l’entreprise locale Miorcec pour la construction du poulailler. Pour privilégier la ventilation, la position des fenêtres a été déterminée après celle des trappes d’entrée d’air. « Nous avons opté pour une ventilation Skov avec deux groupes de trois cheminées de 26 000 m3/h dont une progressive par groupe. Trois turbines tout ou rien de 52 400 m3/h et une progressive de 57 800 m3/h sont installées en pignon pour compléter la ventilation lorsque les besoins en renouvellement d’air sont supérieurs. »

Un système électronique de gestion automatique de la pression d’eau dans les pipettes en fonction de la consommation des poulets a été installé. Le système de pesée de chez Skov permet de réaliser des transitions alimentaires. « Il suffit de paramétrer à partir de quel tonnage restant dans le silo nous désirons débuter la transition. Les différentes gammes d’aliment vont être mélangées progressivement pour éviter que les poulets ne boudent l’aliment lors des changements », décrit Gwendal Le Crom, technicien Skov.
Au total, les éleveurs ont investi 260 €/m2 dans le poulailler et l’équipement d’élevage auquel il faut ajouter 60 €/m2 pour la chaudière et l’installation de chauffage. « Nous avons obtenu une aide de la Région de 50  000 €, une aide à l’investissement pour bâtiment neuf de 30 €/m2 de Huttepain Bretagne ainsi qu’une aide de 30  % pour les fenêtres et les obturateurs et 4 €/m2 pour le sol béton », précise Frédéric Riou.

 

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