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Pleins feux sur les semis de maïs

Environ 25 à 30 % des surfaces de maïs étaient déjà semées en fin de semaine dernière. Si les conditions sont là pour des chantiers de qualité, certains agriculteurs plus à l’ouest de la région préfèrent patienter pour préserver leur culture d’éventuelles attaques de ravageurs.

La barre symbolique de plus de 1 000 mm de pluie enregistrée en cumul entre octobre 2019 et mars 2020 dans quelques secteurs de Bretagne a laissé des traces sur les sols, plus particulièrement sur la pointe de la région. Ces conditions météorologiques exceptionnelles ont perturbé le calendrier des semis de céréales d’hiver ainsi que celui des couverts végétaux. Conséquence : des parcelles non couvertes pendant une période très pluvieuse, des sols qui se tassent et se referment. Si les terres ont rapidement séché sous l’effet du vent d’est et de l’ensoleillement généreux en ce début de printemps, les sols sont fortement compactés par endroits. « J’ai été contraint de passer un coup de cultivateur supplémentaire », peut-on entendre dans la région de Lannilis (29). Alors que les semis vont bon train dans l’Est Bretagne, l’Ouest attend encore quelques jours avant de mettre les graines en terre.

Un décalage de la date des semis

Par ailleurs, les diminutions des moyens de lutte contre les ravageurs expliquent en partie les reports de date de semis. Les agriculteurs préfèrent sécuriser leurs cultures, avec des maïs vigoureux au démarrage qui passeront au travers des diverses attaques. Sur le Nord Finistère, ce décalage de la date de semis atteint en moyenne 10 jours en comparaison aux habitudes de semis d’il y a 25 ans. Sur le département du Finistère, il existe un seuil psychologique avec la date du 20 avril pour commencer tout chantier d’implantation, même si les conditions météorologiques offrent des fenêtres idéales. « L’année passée, les sols étaient suffisamment réchauffés, puis une période froide est apparue derrière… Les agriculteurs n’aiment pas voir les cultures végéter », note Anne-Thérèse Bilcot, conseillère à la Chambre d’agriculture sur le secteur de Saint-Ségal (29).

Semis précoce de maïs grain

« 25 à 30 % des maïs sont semés en Bretagne », chiffre, à jeudi dernier, Rémy Guého, responsable de secteur chez Pioneer. « Il y a de la poussière derrière les semoirs, signe de sols très bien ressuyés. Les terres sont chaudes, les semis sont nettement en avance ». Sur des parcelles visitées par le responsable sur le secteur de Vannes (56), des semis datant du 15 avril en étaient déjà la semaine dernière au stade 2 feuilles, les premiers désherbages ont commencé ce début de semaine.

Rémy Guého rappelle que si des maïs fourrage sont plus souples concernant la date de semis, les maïs grain doivent impérativement être mis en terre tôt pour « exploiter au maximum leur potentiel. Les variétés dentées sont moins vigoureuses au démarrage que les variétés cornées-dentées. En cas de date de semis décalé, les densités de maïs grain doivent être diminuées : en rentrant dans des jours plus longs, la compétition entre les plants sera plus sévère ». Cette compétition se traduira par des plantes à plus forte élongation ou des épis mal insérés.

Pour les maïs fourrage, « toutes les entreprises semencières proposent aujourd’hui des variétés à très bonne vigueur de démarrage. Semer plus tard peut être sécurisant, sans affecter le rendement : sur un essai semé au 10 mai l’an passé, nous avons récolté 18 t MS/ha », chiffre-t-il.

Les ravageurs attendent

Si 2019 avait sonné le glas de l’utilisation de traitements de semence Sonido, « les agriculteurs avaient reporté leurs semis plutôt autour du 1er mai. Cette nouvelle campagne est différente, nous sommes passés de l’hiver à l’été, la terre est très belle, les semis s’accélèrent », rappelle Rémy Guého. Toutefois, une certaine prudence est de mise, « les gens se méfient des semis trop précoces en année chaude ». Les températures douces profitent aux cultures, mais aussi aux ravageurs. « Comme il y a eu peu d’hiver, les attaques de tipules et de taupins sont très nombreuses sur céréales », fait observer de son côté Philippe Lecuyer de chez Eureden. Une menace qui peut planer sur les parcelles de maïs, mais qui peut trouver des solutions de contournement dès le semis avec la mise en place d’appâts.

Une structure préservée

J’ai semé plus tôt que les autres années, la température est correcte dans les sols, il faut y aller. Dans mes rotations, le maïs vient après une céréale, les parcelles sont couvertes depuis la dernière moisson. J’ai rarement un maïs sur maïs, à l’exception d’une petite parcelle cette année, où la récolte de grain a été réalisée au 5 novembre. Les résidus ont laissé une bonne couverture végétale, je suis agréablement surpris par la structure du sol qui est conservée. Il me reste juste à espérer que les saints de Glace ne vont pas se vérifier cette année ! Erwan Caradec, Agriculteur à Douarnenez (29)

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