Élevage

Des essais concluants pour réduire le soja

Dans le cadre du projet Dy +, le traitement de graines de protéagineux et l’équilibre en acides aminés dans la ration ont donné des résultats positifs.

Améliorer la valeur protéique des protéagineux par des traitements technologiques a été une des pistes retenues en vaches laitières dans le projet Dy +. « Trois types de protéagineux étaient ciblés : graines de lupin, de féverole et pois. Ils sont aujourd’hui très peu utilisés pour les ruminants car une grande part de leurs protéines sont dégradées dans le rumen. Leur valeur de PDI (protéines digestibles dans l’intestin) est donc faible », a expliqué Christine Gérard de Neovia qui a participé au projet.

Augmentation de la valeur PDI

Pour améliorer la « ruminoprotection », trois procédés ont été testés : toastage à la ferme de graines entières, cuisson avec apport de sucres sur graines broyées et cuisson-extrusion de graines broyées. « Le but est de créer des liaisons entre les protéines et les sucres pour protéger les protéines. »
Conclusion de l’essai : « Les 3 traitements ont permis d’améliorer la ruminoprotection des protéines des 3 matières premières étudiées avec une réussite plus forte en pois, puis féverole, puis lupin. C’est la teneur en glucides, plus importante dans le pois, puis la féverole, qui semble en être la cause. Cet effet positif a aussi été noté dans l’essai de cuisson avec apport de sucres. » Un effet bénéfique de la hausse de température a aussi été mis en évidence : en passant de 101 °C à 115°C pour le toastage à la ferme et de 140 à 169 °C dans la cuisson-extrusion.

Équilibrer la ration en acides aminés

Aller vers une alimentation de précision et notamment équilibrer l’apport en acides aminés limitants (lysine et méthionine) a été une autre piste de recherche. Sur l’hiver 2018/19, un essai a été mené dans 5 élevages de l’Ouest avec 128 VL en moyenne à plus de 9 500 kg de lait/VL. « Ils étaient en ration semi-complète à base d’ensilage de maïs avec 2 à 8 kg d’herbe stockée. Les rations témoin habituelles contenaient des valeurs en lysine digestible et méthionine digestible inférieures aux recommandations Inrae », détaille Guylaine Trou de la Chambre d’agriculture de Bretagne.

Dans la ration expérimentale, l’éleveur devait baisser le correcteur. Pour compenser les apports en UF, du concentré énergétique était ajouté ainsi que 200 g de mélange de blé et de lysine et méthionine protégées (permettant d’être proche des recommandations). « Des résultats positifs ont été observés : + 0,5 g/kg en TP en moyenne, + 0,6 kg/VL/j en lait et + 39 g/VL/j en matière protéique. Et en parallèle, le taux d’urée du lait a baissé de 48 mg/L.»

Autonomie protéique limitée
« Sur les élevages laitiers de l’Ouest, l’autonomie alimentaire est importante, autour de 90 %, mais l’autonomie protéique est plus limitée. Et ce d’autant plus que la part de maïs est importante  : 67 % d’autonomie protéique dans un système maïs et 79 % pour un système herbe », a chiffré Philippe Faverdin (Inrae) lors du webinaire de restitution du projet de 4 ans Dy + réalisé dans le cadre du plan SOSProtein financé par les régions Bretagne et Pays de la Loire. « Pour les bovins, les fabricants utilisent 50 % de tourteaux dans la fabrication des aliments, dont 50 % de tourteaux de soja. »
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