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Dans le monde virtuel des clôtures

La clôture virtuelle garde le troupeau sans fils ni piquets. La station expérimentale de Saint-Hilaire-de-Woëvre mesure ses effets sur les animaux.

Garder efficacement un troupeau dans une pâture sans avoir à déplacer de fils, de piquets et sans entretenir l’herbe poussant sous les clôtures : la chose est rendue possible grâce à la technologie en provenance d’une start-up norvégienne nommée Nofence. Le principe simple consiste à équiper les animaux de collier GPS, doté d’un petit panneau solaire pour recharger les batteries, qui localise précisément chaque individu. Quand celui-ci s’approche d’une zone de délimitation prédéfinie, un son est émis par le collier. Si l’animal continue son chemin, un signal électrique lui est administré. La station d’expérimentation Arvalis de Saint-Hilaire-en-Woëvre (55) a testé ce nouveau produit sur un lot de 11 génisses, en automne dernier.

Une phase d’apprentissage est nécessaire pour la mise en place de cette clôture virtuelle. À la station expérimentale, cette phase a duré 3 semaines. « On sait que les animaux sont habitués à la clôture quand nous observons une diminution du nombre de sons émis », explique Didier Deleau, ingénieur régional fourrager chez Arvalis. Cette longue période d’apprentissage a démarré par le maintien d’une clôture physique au niveau de la limite virtuelle programmée. Cette clôture physique a ensuite été déplacée de 15 m et de 30 m de la limite virtuelle. Enfin, la clôture physique a été déposée au sol, tout en gardant les piquets. L’ensemble du matériel a définitivement été supprimé en dernière phase.

Retour systématique des animaux

Chaque collier sur les animaux transmet des données. Ainsi, les expérimentateurs ont pu suivre précisément les animaux dans le paddock et contrôler le nombre de sons ou de signaux électriques distribués. « Les génisses ont rapidement compris le lien entre le son et la limite virtuelle. Le comportement face à ces signaux est propre à chaque animal, mais en cas de franchissement de la limite, il y a un retour systématique des animaux dans la zone autorisée ».

Quelle incidence sur le pâturage ?

La station s’apprête à aller plus loin dans les mesures, en se penchant plus précisément sur l’activité des animaux. Des questions restent encore sans réponse, comme sur la perturbation éventuelle d’un animal quand le collier de la voisine se met à sonner.
Sur une étude menée en Irlande et en phase d’apprentissage de la clôture virtuelle, « les vaches sont, sur le témoin en clôture physique, à 62 % du temps en action de pâturage, pour être 8 % debout et inactives. Avec barrière virtuelle, le pâturage représente 35 % du temps ; les vaches ont été debout et inactives à hauteur de 22 % ». Une incidence est donc observée en phase d’apprentissage sur le pâturage, même si le temps des vaches passé couché à ruminer reste le même (entre 16 et 17 % du temps), qu’il y ait une clôture physique ou non.

La France devra patienter
Le système développé par Nofence n’est pas encore disponible à la vente en France. La Norvège et l’Australie l’utilisent et travaillent sur la question du bien-être animal. Le coût de ce type de matériel est pour l’instant élevé : il faut compter 300 € pour un collier et la batterie, auxquels il faut ajouter un abonnement s’échelonnant de 30 à 60 cts € par collier et par jour.
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