Energies et environnementMorbihan

Du photovoltaïque citoyen sur leur toiture

Les associés du Gaec de Brandéha, à Allaire avaient investi en propre dans des panneaux photovoltaïques en 2007. Aujourd’hui, ils mettent la toiture de leur bâtiment à disposition d’un projet citoyen local.

Christophe Baron et Hervé Guillemot ont fait partie des pionniers du photovoltaïque en Bretagne. Ils ont commencé à monter leur projet fin 2007 en lien avec la construction d’un nouveau bâtiment de stockage. Six mois plus tard, les panneaux étaient posés sur la monopente à 30° plein sud, pour une puissance totale de 36 kWc. « C’était à l’époque du Grenelle de l’environnement. Nous nous sommes dit qu’il fallait aller vers de la production d’énergie durable », ont témoigné les deux associés lors d’une journée d’information sur l’énergie solaire organisée le 28 janvier par le lycée agricole Issat de Redon (35), en partenariat avec EPV (Énergie citoyenne en Pays de Vilaine, à l’origine de projets de parcs éoliens citoyens…).

Un investissement rentable

Aujourd’hui, le Gaec de Brandéha, à Allaire (56), compte 4 associés et un apprenti. Sur 180 ha, ils produisent du lait, de la viande bovine et du jus de pomme en agriculture biologique. Stockant de la paille, du foin, du matériel, le bâtiment accueille aussi un paysan boulanger et son salarié. « Nous avons dépensé 225 000 € pour ce bâtiment dont 177 000 € pour les panneaux photovoltaïques. » Un coût élevé, mais le prix de rachat de l’électricité, garanti pendant 20 ans à 57 cts €/kWh à l’époque, était incitatif. « Cela nous a permis de convaincre le banquier. Nous avons réalisé un emprunt sur 15 ans. Il nous a fallu aussi trouver une assurance. Pas simple à l’époque. »

Avec le recul, les producteurs sont satisfaits de leur investissement. « La perte de production annoncée de 1 à 2 % par an est en fait beaucoup moins importante. » Aujourd’hui, les associés du Gaec envisagent de mettre à disposition la toiture de leur nouveau bâtiment pour un projet citoyen sur leur territoire. « Nous avons dû construire rapidement ce bâtiment de stockage qui a été mis en service cet été. Il a été conçu pour qu’on puisse y installer des panneaux photovoltaïques. »

Une société qui facilite les projets citoyens

Lors de la rencontre, l’association Étoile solaire – qui vise à promouvoir l’installation de centrales solaires photovoltaïques sur le Pays de Redon et Vilaine par le portage local de projets citoyens – a présenté un de ses projets qui va voir le jour sur trois toits communaux de la Chapelle-de-Brain (entre 50 et 60 kWc de puissance totale pour un montant de 70 000 €). Pour faciliter le développement de tels projets et mutualiser les coûts, elle s’est alliée à d’autres associations en Bretagne pour créer la SAS KerWatt. « Les agriculteurs sont concernés car ils peuvent mettre leurs toits à disposition des citoyens au travers de baux. Il faut des structures de bâtiments qui peuvent supporter 15 – 20 kg/m2 », évoquent des actrices de l’association. « Des circuits courts sont ainsi proposés pour l’énergie. Cela permet de créer du lien entre agriculteurs et habitants autour des fermes. » 

Des achats groupés pour sécuriser ses investissements
Aujourd’hui, les tarifs de rachat se situent à 12,07 cts € pour une puissance inférieure à 36 kWc et à 10,51 cts € pour une puissance située entre 36 et 100 kWc avec des engagements sur 20 ans. « Mais les coûts d’investissements ont été divisés par 6 en 10 ans. Les agriculteurs doivent s’intéresser à cette énergie qui ne demande pas de travail supplémentaire. L’autoconsommation devient de plus en plus intéressante », souligne Pascal Chaussec, président de l’Apepha (Association des producteurs d’énergie photovoltaïque agricole). Pour sécuriser les investissements en vente totale ou en autoconsommation, l’Apepha organise un 2e achat groupé avec l’appui du bureau d’études Belenn Ingénierie. « Six installateurs ont été sélectionnés. L’objectif retenu est d’installer 7 à 10 MWc. »
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