Élevage

Pendant l’hivernage des ruches, que font les apiculteurs ?

De novembre à février, les abeilles sont en grappe au cœur de la ruche : elles consomment le miel amassé en fin de saison pour se chauffer jusqu’aux premières floraisons. Loin de s’ennuyer, les apiculteurs profitent de l’hiver pour faire tout ce qu’il est difficile de réaliser en saison. Maël Nadan, apiculteur morbihannais de 37 ans, témoigne.

Quelles sont les différences de rythme de travail entre la saison et l’hivernage ?

L’apiculture est un métier très saisonnier, comme l’agriculture. Les abeilles ne sortent pas en hiver donc nous évitons de les déranger. Nous nous calons à la fois sur le rythme des abeilles et sur la durée du jour réduite en hiver : nous faisons donc des journées plus courtes, moins denses, moins intenses. Pour moi, les journées de travail d’hiver durent en gros 2/3 du temps des journées d’été : par exemple, si je travaille 9 heures / jour en été, je travaille plutôt 6 heures / jour en hiver. C’est aussi à ce moment que nous avons la possibilité de prendre des vacances.

Concrètement, quelles sont vos activités pendant ces journées ?

Cette période est l’occasion de faire tout ce qu’on n’a pas ou très peu le temps de faire en saison. Je traite tous les aspects administratifs et de comptabilité par exemple. Je fais l’inventaire du matériel qu’il me manque et passe les commandes pour avoir tout reçu en février. En parallèle, je passe du temps au bâtiment  : pour le ranger tout d’abord, mais c’est surtout là que je passe de nombreuses heures à bricoler, entretenir le matériel (ruches, petit outillage…), fabriquer des ruches… Il y a par ailleurs toute la cire à gérer  : je fonds d’un côté les vieux cadres de cire, et d’un autre la cire d’opercule issue de la récolte qui, elle, me servira à amorcer les nouveaux cadres. Il s’agit en fait de tout préparer pour que l’ensemble du matériel soit opérationnel en mars, cela me fera gagner du temps en saison. En dehors de l’exploitation, je participe à plus de réunions et formations : au niveau du syndicat, de l’ADA… Je livre également le miel en fût après la saison. Ce mode de commercialisation me prend moins de temps que des collègues qui ont fait le choix de la vente directe : ils réalisent la mise en pot du miel, les livraisons et/ou marchés, parfois transformation du miel en pain d’épice par exemple…

Et quelques travaux sur les ruches tout de même…

En fait, je passe au moins une fois sur les 370 colonies hivernées fin décembre : je profite de l’arrêt de ponte de la reine pour réaliser un traitement contre le parasite varroa, qui est plus efficace quand il n’y a pas de larves. C’est à ce moment-là que j’évalue le poids des ruches en les soupesant toutes une à une : si elles sont trop légères, je les nourris pour qu’elles aient de quoi tenir jusqu’en février, et je les surveillerai particulièrement si les floraisons tardent à arriver. Enfin, la période est propice pour s’occuper des emplacements de ruches : je paie ceux utilisés pendant l’année. En janvier, je les entretiens (débroussaillage, élagage…) et j’en recherche de nouveaux si besoin.

Suivi de la mortalité
« L’hiver est tout de même une période de stress pour moi, et pour mes collègues en général : sur le nombre de colonies hivernées, on se sait jamais vraiment combien seront encore en vie et prêtes à produire au printemps : en 2018, 30 % des colonies en moyenne étaient mortes en sortie d’hiver, ce n’était heureusement qu’environ 10 % en 2019. Espérons que 2020 se passe bien ! »

Propos recueillis par Tiphaine Daudin / ADA Bretagne

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