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Capteur « Nir » utile à l’épandage et l’ensilage

A la Cuma de Bais, un analyseur infrarouge peut être monté sur l’ensileuse ou la tonne à lisier. Il fournit en direct des informations sur la qualité du lisier et du fourrage.
Didier Sourdrille, Alexis Monnerie et Sébastien Lodiel.

Fin 2017, la Cuma L’entraide, à Bais (35), a réceptionné une nouvelle ensileuse (John Deere) livrée avec un analyseur infrarouge délivrant de précieuses informations, en direct, pendant le chantier : taux de matière sèche, taux d’amidon, tonnes de fourrage à l’hectare et même valeur UFL. « Cela apporte une autre vision. Par exemple, cette année, nous avons commencé à ensiler tout début septembre. En apparence, les maïs sont désséchés, mais les taux de matière sèche ne sont pas si élevés. Les premières parcelles étaient en moyenne à 32 % », explique Alexis Monnerie, l’un des 7 chauffeurs de la Cuma. « Le capteur permet aussi d’ajuster un chantier. Comme les données sont toujours sous nos yeux, quand on tombe sur une zone où la matière sèche est beaucoup moins élevée, il est imaginable de la laisser de côté. » Sans oublier que le réglage du hachage s’adapte automatiquement à l’évolution de la matière sèche en fonction des préconisations de l’éleveur.

« Réfléchir en unités d’azote, plus en m3 / ha »

Début 2018, une tonne à lisier Samson de 20 m3 équipée d’une rampe pendillard de 24 m de large est entrée sous le hangar. Un modèle presque identique à celui déjà présent à la Cuma. « Un investissement nécessaire devant l’augmentation du volume de lisier à épandre », explique le président, Didier Sourdrille. Sur 2018, cela a représenté 80 000 m3 en prestation complète (tracteur, attelage et chauffeur). « Cette 2e tonne a apporté de la souplesse dans les plannings. Auparavant, les chauffeurs étaient sous pression face à la demande. » En bonus, cette machine peut accueillir le capteur « Nir » de l’ensileuse. « Nous aimons aller de l’avant en termes d’innovation. Peut-être que demain les analyseurs de lisier seront utiles pour les déclarations de plan d’épandage, voire même obligatoires. En attendant, nous disposons d’informations précieuses », apprécie le responsable.
Avec ou sans capteur, la prestation est proposée au même prix. Pour l’instant, il y a peu de demande des adhérents. « C’est nouveau… Les gens continuent à raisonner en m3 / ha plutôt qu’en unités d’azote », confie Didier Sourdrille. Au printemps dernier, lui a voulu mettre la nouvelle technologie à l’épreuve. « J’ai réalisé une analyse classique de mon lisier au laboratoire. » Avant de comparer les résultats aux mesures du capteur « Nir » monté sur la tonne… « Entre les deux, je n’ai trouvé qu’un écart de 0,2 ou 0,3 unité d’azote. C’est donc fiable. »

Les valeurs souvent mal estimées

Après 18 mois d’utilisation, le capteur a rendu ses premiers verdicts. « Pour estimer la valeur de mon lisier, je me basais sur les tableaux de l’Administration. Mais grâce à cette technologie embarquée, je me suis rendu compte que les déjections, après un hiver sec qui les avaient moins diluées, étaient plus riches que ce que je pensais », témoigne Sébastien Lodiel, éleveur laitier et vice-président de la Cuma.
Dans la cabine, le chauffeur voit s’afficher les taux d’azote ammoniacal et total, de phosphore, de potasse et de matière sèche. « En élevages de porc, il y a de tout en termes de lisier. La concentration varie entre une fosse de bâtiment gestantes ou engraissement », précise Alexis Monnerie. « Surtout, pour avoir une valeur homogène, il faut que le lisier soit toujours malaxé. Sinon, on pompe d’abord une matière titrant 2 à 2,5 unités d’azote / m3 pour terminer à plus de 5 en fond de fosse. » Pour le chauffeur, si un lisier n’est pas bien brassé, il ne faut pas ensuite s’étonner de voir un développement hétérogène dans les parcelles de céréales. D’autant que les résultats d’analyse du capteur peuvent piloter l’avancement du tracteur : « On décide au démarrage de l’épandage l’azote ce que l’on veut apporter à l’hectare. Puis en fonction de la richesse du lisier, le système d’autoguidage module la vitesse de déplacement pour ajuster la dose… » Et les responsables de terminer : « Eleveurs de porc comme éleveurs laitiers, beaucoup mésestiment la valeur réelle de leur lisier, dans un sens ou dans l’autre. Le capteur peut apporter des données importantes en termes d’optimisation de la fertilisation, mais aussi dans le cas de contrats prêteurs de terre… »

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