Découvertes

Un retour vers le surf en bois

Dans son atelier de Combrit, Gaël Le Thellec fabrique toutes sortes de planches de surf en bois. En peu de temps, il s’est fait un nom. Ses planches séduisent les surfeurs de France et d’ailleurs, qui désirent des matériaux plus écologiques.

Depuis 3 ans, Gaël Le Thellec a fait de ses 3 passions son métier. En fabriquant des planches de surf en bois, il allie son goût pour le bricolage à sa passion pour le surf et pour l’art. Pour trouver son atelier, il faut se rendre dans le Sud-Finistère, à Combrit, une commune située à moins de 30 minutes de la pointe de la Torche, l’endroit le plus prisé de tous les surfeurs bretons. Gaël Le Thellec se met au surf très jeune puis il affine sa technique et partage sa passion en exerçant le métier de moniteur dans un centre nautique du Finistère durant l’été. Ses études le mènent sur Paris à l’école Boulle où il apprend les métiers de l’artisanat d’art. « En découvrant la sculpture sur bois, j’ai su tout de suite que c’était ce que je voulais faire plus tard, sans savoir encore précisément quoi », raconte-t-il. À la fin de ses études, il travaille 5 ans sur Paris pour des artistes et dans un atelier de décoration où il crée du mobilier, des luminaires sculptés, des vitrines de magasin pour Vuitton ou encore les galeries Lafayette.

Les finitions prennent plusieurs heures entre le rabotage et le ponçage pour obtenir une belle planche bien lisse qui glissera parfaitement sur les vagues.

Après son expérience parisienne, il décide de s’associer à un ami pour ouvrir un atelier en Normandie. Cette aventure peu concluante dure 2 ans. L’envie de revenir en Bretagne est très forte. « Lorsque j’étais en Normandie, j’ai fabriqué une planche de surf en bois. J’ai ensuite découvert sur Internet Tom Wegener qui fabrique des planches en Paulownia. C’est un bois parfait pour faire des planches, il est léger, naturellement hydrophobe et ne craint pas les attaques d’insecte. » Il avait besoin de revenir au bord de la mer et de retravailler le bois c’est donc tout naturellement qu’il s’est lancé dans la fabrication de surfs.

Des surfs « old school » agréables et maniables

« J’ai fait quelques prototypes que nous avons testés avec mon frère. Les planches sont très agréables, maniables dans les vagues. Elles sont un peu plus lourdes que les planches en résine ce qui fait qu’elles vont plus vite. C’est une façon de surfer un peu old school, plus posé, en prenant de grandes courbes », décrit-il. Début 2016, il se lance dans le grand bain, crée la société Gawood Surboards et commence la fabrication et la commercialisation de surfs en bois de paulownia.

Le shaper crée un vrai squelette à l’intérieur de la planche de surf.

Une semaine pour fabriquer une planche

Il faut plus d’une semaine pour faire une planche, en s’organisant bien il arrive à en sortir deux en deux semaines. Depuis quelques mois, les amateurs de surf peuvent aussi venir en stage pour fabriquer eux-mêmes leur planche en 5 jours. Dans un premier temps, le shaper (artisan spécialisé dans la fabrication de planches de surf) colle de petites planches de paulownia entre elles pour créer le dessus et le dessous de la planche. Entre ces 2 parties, il va construire l’ossature intérieure de la planche et les côtés. Entre chaque étape de la fabrication, il faut du temps de séchage pour la colle. « Pour réaliser les décorations dans la planche j’incruste du bois de paulownia de différentes variétés : plus blanc, plus foncé, avec des veines plus présentes… La décoration est faite selon le choix du client. Je réalise aussi toutes sortes de dessins à la main sur les planches.
Là je me rends compte que mes années passées en école d’art me servent professionnellement. » L’avant-dernière étape est le ponçage pour obtenir un rendu complètement lisse qui permettra une glisse parfaite sur la vague. Enfin, il applique de l’huile sur la planche pour assurer son étanchéité.

« Certains shaper mettent de la résine, moi j’ai fait le choix de l’huile. C’est plus naturel. » Il vit aujourd’hui pleinement de son activité. Les surfeurs sont proches de la nature et la respectent. C’est pour cela qu’ils veulent une planche en bois plutôt qu’en mousse de polyuréthane et en résine. Le monde du surf évolue très vite, il existe maintenant de la mousse créée avec des algues ou des champignons pour fabriquer des planches. Certaines combinaisons sont réalisées en matériaux recyclés ou en néoprène fait à base de calcaire. « Ce ne sont pas les grandes marques qui sont à la base de ce changement mais de petites entreprises comme la mienne », conclut le gérant de Gawood Surf-boards.

Prendre la parole
Gaël Le Thellec achète ses grumes de paulownia en Italie et en Espagne. La filière est très peu développée en France. « J’ai besoin de 4 à 5 m3/an de troncs de paulownia. Ils sont débités en planches dans une scierie proche de chez moi puis je les stocke en extérieur pendant 4 mois pour le séchage. » Il aimerait qu’une filière française, voire même bretonne se développe. « C’est un bois qui a un cycle court et qui n’est pas classé comme arbre en France. Il peut être planté dans des terres agricoles. Il est récolté 7 à 10 ansnées après avoir été planté. En 6 ans, les troncs atteignent 25 cm de diamètre. » Ces arbres seraient bien dans des parcours de poules pondeuses : ils poussent rapidement et ont des grandes feuilles qui créent de l’ombrage. Cette essence d’arbre est aussi très mellifère avec ses grappes de fleurs mauves. Le potentiel est de 1 tonne de miel pour 1 ha planté. Les débouchés sont multiples comme la fabrication de meubles ou encore le bâtiment car ce bois est hydrophobe.

Site : www.gawoodsurfboards.com
Mail : gawood.surfboard@gmail.com

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