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Moisson : Les inquiétudes ont été balayées par le soleil

Les orges sont battues, les récoltes de colza ont bien démarré. Le point sur la moisson 2019 à mi-parcours, qui donne pour l’instant des résultats corrects. Sur les blés, des grains cassés à la récolte viennent ternir des bons rendements et des PS de près de 81 kg/hL.

95 % des orges d’hiver avaient été récoltées lundi dernier chez Triskalia. Démarrés plus tard que l’an passé, les battages d’orge se sont réalisés dans de très bonnes conditions, « il n’y a pas eu de mauvaises surprises », résume Michel Le Friant, responsable du pôle céréales de la coopérative bretonne. C’est à Nivillac (56) que les moteurs de moissonneuse ont rugi en premier sur le secteur de Triskalia, au 30 juin, contre le 20 juin sur ce même secteur en 2018. Pour autant, des inquiétudes pouvaient peser, résultant des conditions froides en mai, un défaut d’ensoleillement en juin. Mais la qualité est au rendez-vous, les poids spécifiques atteignent en moyenne 66 kg/hL, et sont « le reflet d’une fin de cycle sans pluies. Les précipitations gonflent et déforment les grains, cela n’a pas été le cas cette année ». Le sec a aussi été le bienvenu, les céréales récoltées ont une très bonne humidité, chiffrée en moyenne à 13,3 %. Ce démarrage plus tardif qu’en 2018 a été marqué par des récoltes sur des parcelles où les passages de roues étaient encore verts dans certains cas, ce qui joue fortement par la suite sur la qualité de stockage des grains

Sans Gaucho, moins d’orge

Une baisse des surfaces est enregistrée pour les orges. En cause, les retraits de solutions de traitements de semence utilisées pour combattre les pucerons vecteurs de jaunisses. Un report vers d’autres céréales est observé, comme du blé et surtout plus de triticale. « Les agriculteurs se tournent aussi vers des variétés d’orge de printemps, qui offrent une alternance entre cultures d’hiver et de printemps ». Pour les variétés d’hiver, les rendements s’échelonnent de 50 à 100 quintaux.

Le colza s’intercale bien

Rapidement moissonnées, les orges laissent la place aux chantiers de colza, 20 % des crucifères sont rentrées pour ce début de semaine. Si le rendement se réalise surtout dans les siliques du bas de plante, Michel Le Friant rappelle que « les gros PMG (Poids de mille grains) sont en bas des colzas. Le soleil a tendance à faire rapidement mûrir les étages supérieurs, il n’y a pas d’homogénéité dans la maturité aussi bien pour les variétés hybrides que lignées ». Les colzas bretons sont corrects, les teneurs en huile frôlent les 45 %. Les rendements s’échelonnent de moins de 30 quintaux/ha à plus de 50. La région tire son épingle du jeu en comparaison au reste du territoire national, où les PMG sont très faibles, les teneurs en huile également.

Grains cassés = perte au champ

La côte Sud-Bretagne attaque la récolte des blés, là aussi avec de bonnes surprises. Une des particularités de cette édition réside dans des bons rendements, avec des taux de protéines plus faibles, compris entre 11 et 11,4, et des PS à plus de 81 kg/hL. « L’hétérogénéité est due au fractionnement de l’azote ou non ».
Les grains cassés pénalisent tous les acteurs de la filière, jusqu’à l’export. « 1 % de grain cassé, c’est 1 % de grain laissé au champ », fait remarquer Michel Le Friant. Or sur certains chantiers, les grains cassés montent à des proportions de 9 %… Ce qui conduit en zone portuaire à des refus de camion. En plus de ces pénalités côté vendeur, le stockage de grains cassés est plus difficile, la ventilation des tas est contrariée, les grains abîmés sont aussi plus vulnérables aux attaques de champignons qui se développent sur cet amidon mis à nu. Enfin, les taux de germination sont affectés sur les semences, « un grain cassé ne germera plus », rappelle le responsable. Les battages en condition très chaude favorisent cette casse, il convient donc d’observer les grains à l’arrière de la moissonneuse pour pouvoir régler plus finement des machines de plus en plus puissantes.
« Nous ne sommes pas dans un scénario climatique compliqué », note Michel Le Friant. Autrement dit, mieux vaut ne pas se précipiter et attendre le stade de maturité idéal, ainsi que pour régler les machines de récolte pour éviter de casser les grains. 

Des orges battus légèrement humides

Les premières orges ont été battues vers le 6 juillet cette année, contre le 1er en 2018 sur notre secteur. Les rendements sont très corrects, certains agriculteurs arrivent à récolter 95 quintaux pour cette moisson, avec des orges hybrides. Les poids spécifiques sont aux alentours de 68 kg/hL. Je n’entends personne se plaindre de mauvais résultats… Sur le secteur brestois, les blés démarrent tout juste, les cultures semblent avoir souffert d’échaudage avec les fortes températures de fin juin. Les très bonnes conditions de récolte permettent aux producteurs de légumes de disposer rapidement de leurs parcelles pour pouvoir y planter des choux. Parfois, certaines orges ont été battues légèrement humides, l’implantation des légumes pousse à moissonner tôt.David Quemener, gérant d’une ETA à Lanmeur (29)

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