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Moisson : le blé breton a du bon

La moisson bretonne marque une pause, en attendant une période météorologique plus clémente. L’orge déçoit un peu, alors que le colza et le blé sont d’une qualité exceptionnelle.

C’est sous une météo favorable que les récoltes de céréales ont débuté sur la région, démarrant précocement au 22 juin. Arrêtés depuis la semaine dernière, les chantiers vont reprendre de plus belle sitôt que l’astre solaire pointera le bout de son nez. Pour ce qui est collecté, Michel Le Friant, responsable du pôle céréales Triskalia, qualifie « d’exceptionnel ce qui est rentré ». Si les orges d’hiver sont en quasi-totalité battues, leurs cousines de printemps sont encore dans les champs. « Les orges d’hiver affichent des rendements décevant de l’ordre de 65 quintaux. Ces résultats s’expliquent par des problèmes de fécondité, avec pour conséquence un nombre de grains par épi peu important ». Le sec a toutefois permis de stocker des récoltes sans passer par la case séchoir.

Bonnes surprises du côté du blé

La collecte de blé n’est réalisée qu’à hauteur de 30 % sur la région Bretagne par la coopérative. Ce tiers collecté présente des poids spécifiques très bons, mesurés à 80 kg/hl, et récolté sec. « La bonne surprise vient des teneurs en protéines, de 11,7 en moyenne, soit un record pour la région. Le faible lessivage de l’azote pendant la période hivernale, avec un effet retard de cet azote qui a profité à la culture en fin de cycle, explique ces bons résultats. Même si les apports d’éléments fertilisant ont été réalisés tardivement, la plante a compensé par une très bonne fertilité des épis et un nombre d’épis par m2 important ».

Les rendements en blé, hétérogènes, sont liés à la réserve utile des sols. « Les secteurs d’Ille-et-Vilaine en bonne terre s’en sortent avec 80 à plus de 100 quintaux par ha, alors que les terres séchantes plus à l’ouest ou du Morbihan produisent dans les 60 quintaux ». Au fil des années, les taux de protéines ne cessent d’augmenter. Après une moyenne de 10,3 en 2015 et de 10,7 en 2016, les blés de la région établissent cette année un nouveau record. « Le marché export devient accessible pour une marchandise de 76 de PS et de 11% de protéine. Les teneurs de cette année renforcent l’intérêt économique de la culture, et intéressent les éleveurs quand le blé est incorporé à 40-50 % à l’aliment ». Sur le reste de la France, le taux moyen est correct, se situant dans les 12%.

Alternance de pluie et de beau temps préjudiciable

Pour d’autres pays, les conditions peuvent s’avérer dans les prochaines semaines moins propices à la récolte. « La région de la Mer Noire n’en est qu’à 5 à 10 % de céréales collectées, l’Allemagne et la Pologne attendent de fortes précipitations comprises entre 90 et 100 mm ». Une situation qui peut modifier le marché, les conclusions seront tirées en fin de campagne. Sur la suite des évènements, rien n’est encore joué. Les bons potentiels sont en place, reste à observer les précipitations attendues ces prochains jours. « Les grains imbibés puis desséchés se déforment et occupent alors moins d’espace. Les alternances d’averses et de beau temps auront des conséquences sur les parcelles arrivées à maturité. En revanche, le risque de baisse de qualité est plus faible si les céréales ne sont pas encore mûres ».

Autre effet du climat, les coups de chaleur enregistrés en début d’été « n’ont pas affecté les semis précoces. En revanche, les blés moins avancés ont souffert des températures de plus de 35 °C ». Cette récolte 2017, arrivée avec 10 jours d’avance, laisse encore le temps aux machines d’intervenir dans de bonnes conditions en août. Les prévisions météorologiques font état de 5 à 10 mm d’eau, pas de quoi s’alarmer.

Le colza dépasse le triticale

Le collecteur breton observe cette année des volumes de colza en hausse, avec des semis en augmentation de 15 % l’année dernière. « C’est la première année où la collecte de colza va dépasser celle de triticale ». Cette céréale à paille souffre d’une baisse de rentabilité, avec des craintes des producteurs de germination sur pied, ainsi qu’une « concurrence des orges hybrides et des orges de printemps qui, en présentant des rendements en augmentation, se conduisent avec une fertilisation organique exclusive. Les intrants sont limités ». Le colza présente des rendements de 30 quintaux dans les cas défavorables, à 50 dans les meilleurs. « C’est une récolte record, à plus de 45 000 tonnes ».

La moisson est finie à 90 %

Nos inquiétudes en juin avec des blanchissements de parcelles n’ont au final pas eu d’impact sur les cultures. C’est une excellente moisson pour les blés et les colzas, la collecte est supérieure aux attentes. Les PS atteignent des valeurs rarement mesurées. Sur Maure-de-Bretagne, 90 % des céréales sont récoltées, avec 2 semaines d’avance. Il ne reste que 10 % du volume à recevoir, composé de blé et de triticale, un peu d’orge de printemps. Les conditions météorologiques idéales ont permis de battre les céréales jusque tard dans la nuit. Sans l’épisode pluvieux que nous connaissons, la moisson aurait été terminée. À présent, il faut être patient pour retourner moissonner les quelques hectares qui restent. Toutefois, ces précipitations sont bénéfiques pour les maïs. Didier Rebillard, Responsable région sud 35 chez Triskalia

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