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Davantage de maladies liées à l’alimentation

Face aux limites de l’alimentation issue du modèle agroalimentaire productiviste, des producteurs s’organisent pour proposer aux consommateurs des aliments de meilleure valeur nutritionnelle, bio ou non.

« S’il a permis l’autosuffisance alimentaire et une baisse des coûts, le modèle agroalimentaire productiviste a aussi participé à la dégradation de notre environnement », déclare Bernard Schmitt, médecin spécialiste en endocrinologie, diabétologie, nutrition et maladies métaboliques. « Aujourd’hui, alors que nous devons faire face à des bouleversements climatiques, des hausses de température dus aux gaz à effet de serre, à des migrations de populations…, quel modèle d’agriculture emprunter : classique, technologique ou raisonné et durable ? », a-t-il développé lors d’une table ronde – débat qui a eu lieu le 18 juin dans le cadre du comice de Saint-Aubin-du-Cormier, intitulée « Mieux manger pour protéger l’Homme et la planète ».

Davantage de diabète, d’obésité…

En parallèle, le médecin observe depuis plusieurs années un développement des maladies liées à l’alimentation et à une sédentarité croissante : problèmes cardiovasculaires, diabète, obésité, cancers. « Nous constatons
2 fois plus de diabète en 15 ans et l’obésité augmente en France. » Parmi les solutions proposées par le médecin : l’adoption dans son alimentation d’un profil d’acides gras meilleurs pour la santé (avec davantage d’oméga 3 et moins d’oméga 6 et d’acides gras saturés). Un type de produits développés par la filière Bleu-Blanc-Cœur.

Autre problème dénoncé par Bernard Schmitt : la transformation des produits. En grande distribution qui pèse 90 % du marché, 80 % des produits alimentaires sont transformés (cela inclut aussi le lait, l’huile…). « Plus un produit est texturé, broyé, mélangé, avec des conservateurs…, plus son coût sur la santé et l’environnement est important. Ces denrées concentrent plus de gras, de sucre, de sel. »
Certains acteurs sur le territoire agissent pour permettre aux consommateurs de manger des produits de meilleure qualité nutritionnelle. Depuis deux ans, Samuel Duguépéroux, producteur de viande bovine à Gahard, adhère à Brin d’herbe qui propose sur deux magasins, à Chantepie et Vezin-le-coquet, des produits fermiers et biologiques. Près de 25 producteurs locaux sont impliqués dans la démarche et commercialisent aussi d’autres produits locaux étoffant la gamme.

Un atelier de transformation

Ils ont inauguré le nouveau magasin de Chantepie en janvier 2018 qui a coûté 1 million €. « Il dispose d’un atelier de transformation », souligne Samuel Duguépéroux. « La vente directe demande du temps, mais permet de conserver de la plus-value. Elle offre aussi un autre type de valeur : la satisfaction de voir un client heureux… » De son côté, la société Triballat Noyal essaye « de dénaturer le moins possible les produits qu’elle fabrique issus des végétaux (soja) ou des animaux (brebis, vache, chèvre). Et l’entreprise s’est engagée dans le bio en 1975 », explique Youssef Mezdid, conseiller bio chez Triballat Noyal.

Pour qu’on préfère manger à la cantine…
Sur la commune de Plouër-sur-Rance (22), la cantine scolaire, revenue en cuisine centrale en régie, propose 45 % de produits locaux et bio dans ses repas. « Après avoir collaboré 9 ans avec une société de restauration sur la commune, j’ai souhaité travailler avec des producteurs locaux que je connaissais sur le territoire », souligne le cuisinier Gilles Flageul. « Nous avons gardé le même fonctionnement avec une commission repas et une diététicienne. Nous proposons de l’animation autour des repas, nous faisons goûter aux enfants des produits différents de ce qu’ils ont l’habitude de voir. » Ils ont par exemple testé des pommes à chair rouge ou des yaourts au lait de chèvre.
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