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Le pâturage, bon pour la vache, bon pour l’homme

Biodiversité, stockage du carbone, bien-être animal…

Le pâturage régresse alors que ses atouts sont nombreux aussi bien pour l’environnement que pour le bien-être animal. Le lait et la viande issus de régimes à l’herbe sont aussi de meilleure qualité nutritionnelle.

Des vaches qui pâturent dans les beaux paysages français, en plaine ou en montagne. Cette pratique est plébiscitée par les citoyens et consommateurs. « Mais du fait de cheptels toujours plus importants sur les exploitations (+2 vaches/troupeau/an en moyenne), avec une utilisation croissante des robots de traite, le pâturage régresse », a souligné Jean-Louis Peyraud, directeur scientifique adjoint agriculture à l’Inra, lors des journées de printemps de l’AFPF* en mars à Paris. « Et selon les données issues des réseaux d’élevage, 20 à 30 % de l’herbe produite ne serait pas consommée par les troupeaux. »

Bien-être au pâturage ?

Si les soutiens publics liés à la prairie restent faibles, des filières se créent toutefois en France et dans de nombreux pays européens pour promouvoir le « lait de pâturage ». Mais outre ses services environnementaux, son rôle positif sur la biodiversité, les mosaïques paysagères, la réduction des phytos et le stockage du carbone, le pâturage est-il vraiment vecteur de bien-être pour les animaux ? La question mérite d’être posée sachant que « le bien-être animal est devenu un élément-clé de l’acceptabilité de l’élevage », comme le souligne Luc Mirabito de l’Idele.

Parmi les 5 principes reconnus pour définir le bien-être animal, l’absence de faim et de soif doit s’appliquer évidemment au pâturage, caractérisé par une grande diversité et de multiples facteurs de variation. La notion de confort est également fluctuante selon les conditions climatiques. « Les vaches n’apprécient pas la boue ou le temps froid, pluvieux et venteux. Quand il fait trop chaud, on les voit rechercher des zones abritées du soleil. »
Il semble cependant évident que le pâturage permette aux animaux d’exprimer un répertoire comportemental diversifié.

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Des bénéfices « santé »

Question santé, « la plupart des études montrent que le risque de boiteries est réduit quand les vaches laitières ont accès au pâturage. L’état des sabots et des onglons est meilleur. De même, l’abrasion des poils, les lésions et les gonflements observés au niveau des articulations des genoux sont réduites. Sur les mammites, le pâturage est en général un facteur d’amélioration, à condition de ne pas avoir un regroupement des vaches au même endroit entraînant une dégradation des sols. » Du côté des points négatifs, les risques accrus de parasitisme et les contacts possibles avec d’autres troupeaux, la faune sauvage, les insectes… sont à prendre en compte.

Philippe Sulpice, animateur de la Fevec (Fédération des éleveurs et vétérinaires en convention – appliquant un forfait mutualisé annuel) remarque aussi « que l’augmentation de la part d’herbe pâturée dans les élevages génère moins de pathologies et une moindre utilisation de médicaments. La longévité des animaux progresse. Elément à prendre en compte, le niveau de production est moindre dans ces élevages. »

Meilleur équilibre des acides gras pour l’homme

Autre question posée lors des rencontres : l’alimentation à l’herbe des vaches laitières présente-t-elle un intérêt pour la santé humaine ? « Les régimes à base d’herbe permettent de réduire dans le lait la teneur en acides gras saturés, considérés comme délétères, et d’augmenter les apports en oméga 3 et en vitamine A », situe Bruno Martin, de l’Inra.

Voir aussi :  Il teste le pâturage par blocs en brebis laitières

S’agissant des viandes, le profil en acides gras s’améliore avec des finitions à base d’herbe, surtout avec le pâturage de printemps. « Mais au bout de trois mois de retour à l’auge, les effets du pâturage sont gommés », souligne Jérôme Normand, de l’Idele. Par ailleurs, le foin est moins intéressant pour les acides gras que l’ensilage d’herbe. L’ensilage de trèfle violet présente un fort intérêt. Enfin, les viandes sont plus riches en vitamine E avec le pâturage par rapport à des rations riches en concentrés. Le gras est aussi plus jaune avec l’herbe. « Des industriels réfléchissent pour mettre en avant la viande à l’herbe prônant aussi ses intérêts environnementaux et économiques. » 

Rémunérer la prairie dans la Pac

Seule une nouvelle Pac volontariste permettrait d’infléchir la courbe en faveur de la prairie avec une rémunération pour les services fournis : stockage de carbone, biodiversité, régulation des flux d’azote dans les zones d’élevage intensif. Il faudrait d’une part maintenir la conditionnalité au non-retournement. Et fournir un paiement différencié selon les types de prairies (composition et âge), les services rendus étant plus importants avec des prairies de longue durée et des légumineuses. On pourrait ainsi distinguer par ordre croissant les praires de graminées de courte durée ; les prairies de graminées et légumineuses de courte durée et de durée plus longue, les prairies permanentes intensives et les prairies permanentes extensives. Dans son rapport de 2009, l’écologue Chevassus-au-Louis avait évalué à 600 €/ha/an les services rendus par ces dernières. Jean-Louis Peyraud, directeur scientifique adjoint agriculture à l’Inra

* Association française pour la production fourragère

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