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Redonner de la valeur à la prairie grâce au sursemis

Les éleveurs Patrick et Philippe Chardel testent le sursemis pour obtenir des prairies de meilleure qualité alimentaire sur les zones difficiles de leur exploitation.

Au Gaec des Portes Cargouët à Bréhand, sur une SAU de 90 ha, 40 ha sont relativement compliqués à exploiter. « Ces parcelles sont longées par la rivière qui les inonde régulièrement. Il y a des périodes où il n’est pas possible d’imaginer y rentrer. Sans oublier que dans ce sol, on rencontre rapidement une lame d’argile peu profonde : c’est une catastrophe en hiver et ça sèche très vite en été… », expliquent Patrick et Philippe Chardel, les associés.

« Si on ne fait rien ici, on a des prairies de pâturin et de fétuque, avec même du jonc, qui ne valent pas grand chose. Alors comme nous cherchons à labourer le moins possible, nous testons le sursemis pour rapporter de la valeur alimentaire. » Ces surfaces étant réservées à la fauche exclusivement (récolte à la remorque autochargeuse notamment). « Malgré le coût, nous sommes prêts à réitérer l’expérience tous les quatre ans afin d’obtenir un fourrage de qualité pour nos laitières. »

Des variétés agressives qui s’implantent rapidement

Ce mardi 9 octobre, lors de la démonstration organisée par la Chambre d’agriculture et la FD Cuma, un semoir Easidrill de Sulky a été utilisé pour implanter du trèfle. « Le sursemis est une technique qui sert à regarnir la prairie avec des légumineuses ou des graminées ou un mélange plutôt que de la casser. Ainsi, on préserve le potentiel fourrager pour l’année à venir. C’est aussi une idée pour redonner de la valeur à une surface engagée dans une Maec par exemple qu’on ne peut pas retourner. En rapportant des espèces d’intérêt, c’est également un moyen pour maîtriser le salissement », explique Lénaïg Déniel, conseillère à la Chambre d’agriculture.

Celle-ci conseille d’intervenir dès fin août – début septembre quand les conditions climatiques sont favorables : l’optimum est une terre un peu humide et réchauffée. « Et surtout ne pas trop tarder, en choisissant des variétés agressives, pour que les plantes aient le temps de se développer suffisamment avant les premières gelées. » Selon les espèces choisies, les tout premiers jours d’octobre sont la limite à ne pas franchir en termes de calendrier pour du trèfle d’Alexandrie par exemple.

Ressortir les vieux outils de travail du sol

« Avant d’intervenir, la végétation doit être vraiment rase. Pâturée à l’extrême par exemple. Il peut être recommandé de « gratter » la prairie pour redonner donner de la lumière aux futures plantes et en plus on relance la minéralisation. On parle de 10 % de sol nu comme repère, soit la surface d’une assiette par mètre carré », ajoute Jean-Marc Roussel de la FD Cuma. « Un passage agressif de herse étrille, voire de rotalabour, de vibroculteur avec socs à couteaux, une herse plate à dents carrées… Il y a des outils rangés au placard sur les exploitations qui peuvent servir à préparer un bon sursemis. »

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