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Des propositions de la profession sur les pesticides

La FNSEA entend répondre à la demande sociétale de réduction de l’usage des pesticides. Elle rappelle néanmoins l’importance de certaines molécules pour protéger les cultures.

Produire plus malgré le changement climatique, pour accompagner l’essor démographique. Produire plus, en consommant moins de produits phytosanitaires dont les citoyens ne veulent plus. La situation est difficile à gérer pour les agriculteurs. Faire mieux avec moins est facile à dire, plus difficile à réaliser. Surtout quand les prix de vente plafonnent. Éric Thirouin, secrétaire adjoint de la FNSEA, a tenu à le rappeler, devant des élus locaux, lors de la dernière session de la Chambre d’agriculture du Morbihan. « Nous enregistrons déjà un recul des surfaces consacrées aux légumes frais et transformés. Dans le même temps, les importations de légumes sont en forte augmentation depuis 2010 ».

La faute, selon lui, aux interdictions de certaines molécules en France. « Un seul insecticide interdit sur la carotte (le dichloropropène, un nématicide) et le département de la Manche a cessé d’en produire. Idem pour la cerise, laissée sans défense face à la drosophile Suzuky, dont la production a chuté en France ». Le dichloropropène bénéficie d’une dérogation permettant de l’utiliser dans d’autres pays de l’Union européenne. Et les importations de denrées traitées avec des produits interdits dans l’Hexagone sont nombreuses. Des travaux sur les conséquences du retrait potentiel de 75 substances actives (en France) montrent une baisse de marge de 70 % pour les pommes à 19 % pour le maïs, par exemple. « La baisse de substances autorisées entraîne une augmentation des situations critiques et notamment des résistances, sans parler de la prise de risque dans les exploitations ».

Enjeu sociétal

En parallèle, l’agriculteur céréalier rappelle l’enjeu sociétal, notamment de santé publique : « Exposition aigüe et chronique des agriculteurs et de leurs salariés aux pesticides, santé des consommateurs (résidus dans les produits et dans l’eau, effets cocktails), exposition des riverains… ». Un enjeu qui pousse la FNSEA à proposer un contrat de solutions. « Il s’agit d’identifier, de répertorier, toutes les solutions qui permettent de se passer des produits phytosanitaires, dans toutes les productions et de les déployer ». Une première salve d’une trentaine de propositions sera diffusée prochainement. Ensuite, tous les six mois, un comité de pilotage avec les partenaires et les pouvoirs publics feront part des avancées en termes d’appropriation par les agriculteurs.

Réactions diverses
Véronique Marchesseau, de la Confédération paysanne. « L’hyper-spécialisation des productions impose un recours aux béquilles chimiques. Nous sommes pour la sortie des pesticides avec un abandon rapide des plus dangereux. Nous, agriculteurs, ne sommes pas seuls. Nous devons tenir compte des demandes de la société, de la nécessité de protéger la biodiversité et la santé humaine. Nous sommes fiers, en Bretagne, d’avoir résolu le problème des nitrates. Nous devons faire de même pour les pesticides ». Sylvaine Dano, élue Chambre, avicultrice. « Nous avons contribué à la reconquête de la qualité des eaux, c’est vrai. Mais nous ne trouvons plus de volailles françaises (plus de 80 % des viandes de volaille dans la restauration collective sont importées). Il faut limiter l’usage des pesticides mais si nous interdisons tout, il n’y aura plus de production agricole en France ».
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