Les valeurs mutualistes au service de nos territoires

Stéphane Cordobes, directeur du bureau de la prospective au commissariat général à l’égalité des territoires, invité à l’assemblée générale des MSA Portes de Bretagne, vendredi 1er juin, à Guer (56). - Illustration Les valeurs mutualistes au service de nos territoires
Stéphane Cordobes, directeur du bureau de la prospective au commissariat général à l’égalité des territoires, invité à l’assemblée générale des MSA Portes de Bretagne, vendredi 1er juin, à Guer (56).
L’économie solidaire à l’échelle locale est un des moyens pour répondre aux nouvelles attentes sur les territoires.

De l’aménagement du territoire à celle des territoires, avant de s’appeler cohésion des territoires… Est-ce seulement du marketing politique ? « Non, ce sujet est réellement au centre des réflexions. Mais c’est une politique qui se cherche… Et les évolutions climatiques et de flux des personnes imposent un nouveau regard sur le fonctionnement des collectivités et des structures », expose Stéphane Cordobes, directeur du bureau de la prospective au commissariat général à l’égalité des territoires, invité à l’assemblée générale des MSA Portes de Bretagne, vendredi 1er juin, à Guer (56).

Didier Le Pimpec, président MSA Didier Le Pimpec, président MSA

Avec la fin de la clause de compétence générale des collectivités, finie l’approche verticale et l’attente des dotations. La coopération va être de rigueur avec une conception plus  « horizontale », qui part du terrain. Les territoires qui iront de l’avant et les plus résilients face aux changements à venir seront ceux où une direction sera fixée et partagée par le plus grand nombre. Les collectivités devront accorder une place plus importante aux autres acteurs du territoire et miser sur la mutualisation. « De plus, tous les acteurs devront gérer un territoire en gestion de flux et non plus comme avant en gestion de stocks ».

Impact de l’urbanisation sur l’agriculture

« L’urbanisation se passe de moins en moins dans les villes, ce sont les espaces ruraux qui accueillent le plus de flux migratoires. » Si dans les années 60, les personnes quittaient leur région de naissance en quête de travail, aujourd’hui on assiste à un phénomène de « thalassotropisme et d’héliotropisme »… C’est l’attractivité en termes de qualité de vie d’un territoire qui prévaut… La Bretagne est bien placée sur ces critères. « La mutation est devenue culturelle avant d’être spatiale.» Avec ses atouts : cette mutation attire aussi l’activité économique et l’emploi. Alors comment le milieu agricole va trouver sa place dans un espace plus urbanisé ? Cette nouvelle promiscuité entre agriculteurs et les néo-ruraux qui arrivent avec leurs usages, leur culture, crée dorénavant plus de conflits d’usage… Et « cette nouvelle sensibilité urbaine va certainement accentuer la mutation des pratiques agricoles aussi à plus ou moins long terme ».

La force des réseaux d’élus pour des projets solidaires

« Pour répondre aux nouvelles attentes, les modes d’action sont divers. À nous de proposer de nouvelles idées », évoque Didier Le Pimpec, président de la MSA des Portes de Bretagne. « La force des initiatives conduites comme à la MSA réside dans son réseau : les acteurs du territoire s’engagent pour répondre à un besoin et font connaître le service au plus grand nombre », analyse Stéphane Cordobès. À l’image du portage de 10 000 repas/an sur 15 communes du secteur de Montfort-sur-Meu (35) ou l’expérimentation d’aide à domicile à Grand-Champ (56), avec l’association Amper. Tout comme la réflexion menée sur la mobilité solidaire dans le pays de Redon de 2013 à 2016, associant 140 bénévoles, élus MSA, professionnels, responsables d’associations sur trois départements…
Les élus MSA recensent les besoins, deviennent les ambassadeurs du projet auprès des collectivités locales, des financeurs, des citoyens et peuvent même s’engager selon leurs disponibilités et leurs motivations.


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