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Couverture des bâtiments : le fibrociment résiste

Pour ses vertus anti-condensation et son effet thermique, le fibrociment est à privilégier pour le logement des animaux. Le bac acier isolé pourrait toutefois trouver une place avec des températures plus chaudes l’été.

Aujourd’hui, quasiment tous les bâtiments agricoles abritant des animaux sont recouverts de fibrociment. « Sachant qu’une vache dégage environ 20-25 L de vapeur d’eau par jour, mieux vaut privilégier ce matériau qui évite la condensation », commence Thomas Dumant, conseiller bâtiment Tecmatel (filiale d’Eilyps). Le fibrociment peut absorber jusqu’à 25 % de son poids en eau. « Il comporte aussi un effet thermique, contre le froid ou le chaud. » Les problèmes de résistance qui avaient suivi la suppression de l’amiante dans les composants sont aujourd’hui résolus : le fibrociment a été renforcé. De bonnes bandes de rive constituent une sécurité supplémentaire en cas de tempête. Plus lourd qu’une couverture en bac acier, il nécessite par contre des charpentes plus conséquentes.

Tenir compte du réchauffement

Délaissé du fait de la condensation (le système de feutrine d’un demi- centimètre d’épaisseur ne fonctionne pas) et de sa corrosion avec l’ammoniac, le bac acier isolé pourrait trouver sa place demain dans un contexte de réchauffement climatique, notamment à l’est de la Bretagne. « La période d’été devient délicate, sachant qu’une vache commence à souffrir de la chaleur à 22°C et chute en production à partir de 25°C. Le bac acier isolé pourra constituer un véritable parasol. Dans beaucoup de pays avec une forte amplitude de températures, il est utilisé. Il commence aussi à apparaître chez nous en hors-sol », continue Thierry Régeard, conseiller bâtiment Tecmatel. Si l’on souhaite lutter contre la chaleur, on peut aussi utiliser du fibrociment isolé.

Le bac acier permet par ailleurs d’avoir de faibles pentes, jusqu’à un minimum de 18 % (contre 21 % au minimum, souvent 28 % – 30 % en fibrociment pour un bon recouvrement). Disponible en grandes longueurs, il permet de s’adapter aux dimensions du toit. Et sa pose est assez rapide. « Par contre, il faut repenser la structure de bâtiment car on ne peut pas y insérer des panneaux translucides. Le décalage de toiture ou des filets brise-vent sur la longueur peuvent amener de la lumière. »

Compromis entre clarté et chaleur
Pour apporter de la luminosité dans les bâtiments, les panneaux translucides sont une solution intéressante. Selon Thomas Dumant, il faut prévoir un nombre correspondant au maximum à 10 % de la surface, dispatchés sur l’ensemble de la toiture : « un bon compromis entre clarté et chaleur. » « Avec un dôme éclairant, 10 % c’est trop. De même si les animaux passent tout l’été en bâtiment… » Côté matériaux, trois choix s’offrent aux éleveurs : le polyester devient plus rare aujourd’hui, jaunissant rapidement ; le polycarbonate résiste mieux dans le temps mais est plus fin, il peut parfois être difficile à plaquer sur le fibro, peut faire du bruit et attention à son effet loupe ; le PVC cumule luminosité dans le temps et prix maîtrisé. « Les panneaux translucides peuvent être changés mais en cas d’intervention, la vigilance s’impose. Il est obligatoire de mettre des filets de sécurité sous la toiture ou d’intervenir avec une nacelle ».
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