CulturesTop

Chaulage, seule une analyse de terre peut en décider

Pour la grande majorité des cultures (céréales, maïs, prairies temporaires…), le maintien du pHeau dans la gamme 6 – 6,5 permet de s’affranchir de tout problème lié à l’excès d’acidité.

Au-dessus d’un pHeau de 5,8, le rendement de l’essentiel des cultures bretonnes (céréales, maïs, prairies temporaires…) n’est pas limité par l’acidité. La disponibilité des éléments essentiels à la nutrition (azote, phosphore…) est également favorable au-dessus de ce même seuil. À l’inverse, des risques de carence parfois sévères en oligo-éléments (manganèse, bore, cuivre, zinc) sont à craindre au-delà d’un pHeau de 6,5 dans de nombreux sols bretons.
De plus le piétin échaudage et la gale de la pomme de terre deviennent plus importants lorsque le pHeau est proche de 7. Si des symptômes ont déjà été observés, il faut veiller à ne pas dépasser ce seuil de 6,5. Au-delà de ce niveau de pHeau, le chaulage est donc à proscrire.

La mesure du pHeau est incontournable

Le pHeau du sol est un indicateur essentiel et fiable pour caractériser l’état acido-basique d’un sol. Sa mesure
régulière, tous les 5 ans, est indispensable pour gérer au mieux le chaulage d’entretien. Une mesure du pHeau doit impérativement être réalisée avant toute décision de chauler. Au cours de l’année, on observe des variations de la valeur du pHeau de l’ordre de 0,5 point en moyenne : baisse du pH au printemps et en été (intense activité biologique et nitrification de l’azote ammoniacal) et remontée en automne et hiver. Il est donc préférable de conserver la même période de prélèvement, de préférence à l’automne et l’hiver où cette mesure est plus stable. Les seuils évoqués ci-dessus sont référencés à partir d’analyses réalisées d’octobre à mars.

Pour l’entretien, une action rapide n’est pas nécessaire Les produits d’action lente (carbonates broyés, sables calcaires…) répondent bien aux objectifs d’une stratégie d’entretien dans tous les sols régulièrement travaillés.
En chaulage d’entretien (pHeau entre 6 et 6,5), un apport de 150 à 350 kg CaO/ha/an selon les conditions climatiques et le système de culture est suffisant, à contrôler avec un suivi du pHeau. Lorsque les parcelles reçoivent régulièrement des apports raisonnés d’effluents d’élevages, des apports moyens annuels inférieurs permettent d’entretenir le pH du sol.

Les produits à action rapide tels que les chaux et carbonates pulvérisés ne s’imposent que dans les situations nécessitant un redressement d’urgence (pHeau inférieur à 5,5). Dans ces situations, il est préférable d’implanter des cultures peu sensibles à l’acidité (maïs, prairie).

La Bretagne n’est plus une région acide

Malgré la stabilité des apports d’amendements basiques depuis plus de 20 ans, on constate une augmentation du pHeau en Bretagne. En 2014, le pHeau médian est proche de 6,4 ; il n’était que 5,9 en 1994 (Source BDAT). L’amélioration de cette situation est en grande partie liée à l’évolution des pratiques agricoles, en particulier un meilleur raisonnement de la fertilisation azotée, la meilleure répartition des déjections animales sur les parcelles, l’introduction des cultures intermédiaires qui ont contribué à réduire le lessivage de l’azote nitrifié à partir de la matière organique et de l’azote ammoniacal des engrais azotés, une des causes de l’acidification des sols. Cette augmentation du pHeau dans nos sols est donc le signe d’une meilleure gestion de l’azote par les agriculteurs.

Éric Masson – Alain Bouthier /Arvalis-institut du végétal

Mots-clés

Peut vous intéresser

Bouton retour en haut de la page
Fermer