Politique et Syndicalisme

Désengagement de l’Etat auprès des éleveurs bretons : l’UGPVB dénonce un hold up

Alors que le Président de la République avait annoncé un plan de 5 milliards d’euros pour l’agriculture française, les premières décisions se traduisent par un désengagement de l’Etat pour la modernisation des élevages bretons.

L’UGPVB demande au gouvernement et à tous les élus de la majorité gouvernementale de prendre la mesure de leur décision et de reconsidérer celle-ci. L’Etat projette en effet de retirer 5,5 millions du Plan de Compétitivité et d’Adaptation des Exploitations Agricoles (PCAEA). Par effet boule de neige, cette décision entraînerait un retrait quasi équivalent au niveau européen, portant à 11,5 millions d’euros, la perte totale d’aides aux investissements pour la modernisation des exploitations agricoles.

Pour les Organisations de producteurs – porcs, œufs, bovins – réunies à l’UGPVB, l’Etat remet en cause un programme d’investissements défini collectivement par toutes les filières bretonnes avec l’aval des élus du Conseil Régional. Cela porte un coup à la dynamique des territoires et revient à remettre en cause la volonté et le besoin des éleveurs de gagner en compétitivité, de monter en gamme, d’assurer l’excellence sanitaire, d’améliorer les conditions de travail.

Si le gouvernement confirme cette décision, ce seront plus de 400 dossiers d’éleveuses et d’éleveurs bretons qui seront condamnés par ce dispositif. Pour tous les éleveurs, le plan de 5 milliards du Président Macron n’avait pas vocation à se réaliser au dépend d’autres programmes. L’UGPVB demande des chiffres clairs pour être certain que ce plan de 5 milliards ne sera pas au final un énième recyclage de fonds.

Pour la chambre d'agriculture Bretagne, le gouvernement va 'En Marche Arrière'

C’est un très mauvais signal que donne le gouvernement aux agriculteurs à quelques jours du salon de l’agriculture. Pour la Bretagne en 2018, ce sont 11 millions d’euros de moins pour accompagner la modernisation des entreprises agricoles et leur adaptation aux enjeux de demain (baisse de 5,5 millions d’euros de crédits d’état, et 5,5 millions de cofinancement FEADER qui ne pourront pas être appelés).

Et au-delà ce ces 11 millions d’encouragement à des investissements d’avenir, il faut rappeler que pour 1 euro d’aide au financement de ces projets, ce sont entre 6 et 7 euros qui sont investis. Ce sont donc aussi les entreprises locales du bâtiment et de l’équipement qui vont souffrir de ce désengagement financier.

Pour les chambres d’agriculture de Bretagne, ce désengagement financier est incompréhensible et inacceptable :

  • Incompréhensible, au moment où les agriculteurs qui s’accrochent et s’adaptent, malgré les difficultés qu’ils traversent, montrent qu’ils veulent investir pour l’avenir de leurs entreprises, (120 M€ engagés depuis le début du programme et 5000 porteurs de projets concernés).
  • Inacceptable au regard du niveau de responsabilité collective dont la profession agricole et la Région Bretagne ont fait preuve dans l’élaboration du programme d’actions, dans les priorités, et dans la gestion financière sur la durée.

En prenant cette décision, le gouvernement pénalise le collectif et la responsabilité. Notre région a fait preuve d’une grande capacité de concertation entre filières, organisations professionnelles et collectivité régionale. Elle a fait preuve de responsabilité en priorisant et en plafonnant des niveaux d’aides pour privilégier l’accès à un grand nombre de candidats sur la durée du programme

Les chambres d’agriculture de Bretagne alertent le gouvernement sur les graves conséquences économiques de ces décisions, et dénoncent son abandon des territoires en abandonnant ses engagements pour l’agriculture.

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