Le tourteau de colza en sursis ?

Le projet de révision de la directive biocarburant de l’Union européenne risque de rayer d’un trait de plume la filière française de biodiesel. Sans huiles de colza, pas de tourteaux. La plante aux jolies fleurs jaunes a connu un véritable essor ces 30 dernières années. Elle s’est affirmée comme l’une des cultures clefs de l’agriculture française. Cet essor s’est produit grâce à des politiques européennes et nationales ambitieuses et incitatives pour le développement de la filière biodiesel et la promotion de l’autonomie en protéines végétales de l’élevage. La fin de la partie est peut-être proche. Révision de la directive biocarburant La Commission européenne a proposé de revoir à la baisse la part des biocarburants de 1re génération dans les transports. Son objectif : favoriser la croissance des biocarburants de 2e génération, considérés plus durables. Cette 2e génération sera produite à partir des constituants végétaux non alimentaires : pailles de céréales, résidus forestiers, miscanthus… Cette ressource dite « lignocellulosique » représente un gisement de renouvelables beaucoup plus important, selon les spécialistes. Certaines filières sont proches de l’industrialisation. « Remettre en cause la filière du colza, c’est se passer d’un élément clef pour un objectif ambitieux : l’indépendance de la France en protéines végétales. En 35 ans, la France a réduit de 30 % sa dépendance en matières premières végétales riches en protéines, pendant que l’Europe entière ne l’a réduit que de 10 %. Si on supprime le débouché biodiesel, cette indépendance reculera de 28 à 54 % », prévient l’interprofession des huiles et protéines végétales.  Retour à plus d’importations ? Avec ce projet de révision, la Commission européenne risque de soumettre l’élevage français aux fournisseurs de tourteaux du continent américain. Le colza est une ressource majoritairement locale. « Les tourteaux de colza produits grâce au débouché biodiesel et destinés aux élevages permettent de se passer de l’importation de l’équivalent de 600 000 hectares de soja essentiellement OGM en provenance du continent américain dont la production est souvent accusée de participer à la déforestation…

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