Cultures

Cultures sous abris : le tunnel qui marche comme sur des roulettes

La société Debernard propose un tunnel qui peut être déplacé durant la saison, car ses pieds reposent sur 2 rails positionnés de part et d’autre de l’ensemble. Une façon de développer la surface protégée.

Pouvoir déplacer un tunnel au gré des saisons, pour suivre l’évolution des cultures : une opération rendue possible grâce au procédé développé par l’entreprise française Debernard, basée dans le Maine-et-Loire (49). « C’est une façon de réduire l’espace occupé par les tunnels, et certaines étapes des cultures n’ont pas nécessairement besoin de protection », confie Laurent Denieulle, représentant la marque sur la région Grand Ouest.

Le tunnel a la bougeotte

Composé d’une armature classique, le tunnel mobile est monté sur des rails posés sur une toile tissée. « Il peut être déplacé à 2 personnes, en 1 heure. Une fois en place, il est verrouillé au sol à l’aide d’amarres à frapper. Le système d’arrosage est intégré, il reste juste à reconnecter l’ensemble aux vannes », explique Christophe Le Meut, ouvrier spécialisé à la station expérimentale horticole de Bretagne Sud, située à Auray (56), et qui utilise le système sur une partie de ses terres. Pour une bonne tenue au vent, le technicien conseille de « renforcer les pieds, ou pourquoi pas de construire des plots en béton dans les angles ». Cette mobilité permet aussi d’utiliser à bon escient les eaux de pluie. « Un sol arrosé régulièrement favorisera la vie du sol, notamment les vers de terre », rappelle Laurent Denieulle. Hors production, la terre reste découverte avant de recevoir une culture, et recueille les précieuses eaux de pluie.

Le tunnel coulisse sur des rails. Une fois positionné, il est ancré au sol à l’aide d’amarres à frapper.
Le tunnel coulisse sur des rails. Une fois positionné, il est ancré au sol à l’aide d’amarres à frapper.

Allonger la saison de production

Sébastien Bart fait partie des maraîchers qui ont choisi de s’équiper avec ces tunnels mobiles. Sur son exploitation de 1,5 ha, 4 000 m2 sont dédiés à la production de légumes, avec une cinquantaine d’espèces différentes. Les carottes, pomme de terre, petits pois, salade, bette ou encore radis sont vendus directement à la ferme sous forme de paniers. Il est équipé de 2 abris sur rail. Ces tunnels permettent au producteur « d’allonger la saison de production, et de gagner du temps. Je sème ou plante sous le tunnel au début du printemps, pour protéger les cultures des dernières gelées. Puis je viens couvrir les légumes d’été, comme les courgettes. À la mi-mai, je déplace le tunnel sur les concombres ».

Les 100 m2 disponibles par tunnel se développent alors en une surface de 400 m2, l’ensemble étant déplacé 4 fois par an, au fil des saisons. « Suivant le climat de l’année, j’accélère ou je ralentis le mouvement du tunnel », selon un pilotage précis de la protection des végétaux, en s’adaptant à la météo. « Même face à de fortes bourrasques, l’ensemble n’a pas bougé. Chaque arceau est fixé par des vis d’ancrage tous les 2 m, à 60 cm de profondeur ».

Travailler sur les couverts végétaux

Le producteur installé à Changé (72) pense prochainement introduire un couvert végétal sur le sol resté nu. Une façon de limiter le salissement, mais surtout une alternative supplémentaire de nourrir le sol, « pour compenser les exportations. C’est une solution de produire de la matière organique ». La multiplicité des cultures différentes assure l’installation d’auxiliaires qui viennent perturber le cycle des ravageurs. « Une mare est située à côté des tunnels. Les insectes indésirables sont alors facilement et naturellement régulés. Une vigilance doit toutefois être portée sur la mouche sur les carottes ». Des haies implantées en périphérie viennent compléter les espaces nécessaires à l’épanouissement des insectes utiles. Fanch Paranthoën

Mots-clés

Peut vous intéresser

Bouton retour en haut de la page
Fermer