Cultures

Blés 2017, satisfaction côté rendement

À la différence des orges, les blés confirment un bon rendement avec des niveaux de protéine supérieurs à l’année dernière. Le poids spécifique (PS), très bon pour les premières récoltes, s’est dégradé suite aux événements climatiques. En variétés, les inscriptions récentes confirment.

L’automne 2016 a permis des semis de qualité avec des levées rapides et homogènes. La première composante de rendement, le nombre de pieds au m², était en place. Les désherbages de pré-levée et post-levée ont bien fonctionné. Le désherbage d’automne est un gage de réussite grâce à une bonne persistance et des modes d’actions performants sur les adventices notamment résistantes (ray-grass, séneçon,…). Un autre avantage est de pouvoir gérer sereinement les relevés au printemps.

Fertilisation : un pilotage complexe

Au cours de l’hiver, la faible pluviométrie s’est traduite par des reliquats élevés, mais surtout dans les 2e et 3e horizons sous forme ammoniacale (NH4), donc un azote peu accessible aux jeunes plants. La période du 2e apport (stade épi 1 cm), le plus important en quantité, n’a pas toujours été bien valorisée. Déjà en déficit hydrique, le mois d’avril sec n’a pas permis de mobiliser l’azote pour la céréale. Les pluies de mai ont corrigé le manque d’eau. La luminosité de juin a favorisé un meilleur remplissage que l’année 2016 tant en poids de 1000 grains (PMG) qu’en protéine. Les coups de chaud de mi-juin n’ont que peu impacté les rendements sur la Bretagne.

Vigilance en fin de cycle

Côté maladies, la rouille jaune a été observée en début de cycle. Peu intense, elle a été facilement contrôlée. L’oidium est apparu tôt et s’est maintenu tout le printemps. Comme en 2016, la septoriose est arrivée tard et n’a été que peu nuisible. À l’inverse, la rouille brune et la fusariose ont davantage impacté le rendement. Dans nos essais en 2017, la nuisibilité a été de 20 quintaux.

Variétés, bilan 2017

Après quelques doutes du fait des conditions météo, les blés 2017 sont satisfaisants. Les rendements sont bons (+ 12 quintaux par rapport à 2016 dans nos essais), seul les PS ne sont pas au rendez-vous. Suivant les secteurs, on observe de meilleurs rendements pour les précoces ou les tardifs suivants les stades atteints au moment des fortes chaleurs de juin. La synthèse des blés précoces et demi-précoces comprend 11 essais répartis sur le réseau breton. Le classement des variétés est très variable d’un site d’essai à un autre.

En tête de la synthèse, Hyking, hybride, marque une différence de 4 quintaux avec les variétés autogames. Complice, en précocité 7 avec une finition très rapide, réalise un très beau rendement. Sa finition rapide lui a peut-être permis de limiter l’impact des fortes chaleurs de juin sur son remplissage. Une récolte à sur-maturité sur certains sites, du fait des difficultés de moisson, l’aura pénalisé.

Vyckor, 3e de la synthèse comme l’année dernière, se positionne comme une variété régulière à bon rendement, très bon PS et très bon taux de protéine. Filon, nouveauté 2017, est une variété demi-alternative qu’il faut impérativement positionner en 3e date de semis. Sur ce créneau particulier, elle présente en plus d’un haut rendement, un bon PS et un bon taux de protéine.

Cellule et Rubisko, variétés largement répandues, ne déçoivent pas. Elles sont régulières dans les essais. Cellule reste une référence en PS. LG Absalon, 1er en 2016 dans nos essais, avec un très bon profil sanitaire. Son rendement est proche de Cellule. En pluri-annuel, la variété sort bien. Sa qualité de blé meunier, avec un bon taux de protéine et un très bon PS, est un atout. Pour les blés demi-tardifs à tardifs, 12 essais constituent la synthèse.

Chevignon, meilleure inscription 2016, confirme son haut potentiel dans tous les essais. À positionner sur le créneau des premières dates de semis, comme un Bergamo, cette variété apporte un gain de rendement et de la qualité. RGT Tekno et Fructidor, en blés de qualité, restent des références en demi-tardif (précocité 6) pour leur rendement. En PS, Fructidor garde un avantage, tandis que côté protéine, RGT Tekno est mieux. Fluor, une variété bien connue des éleveurs, est en retrait en rendement, mais demeure une référence en PS sur ce créneau de précocité.

Triticale, de la nouveauté également

Elicsir, comme en 2016, est la 1re variété en rendement, avec un très bon PS. En plus de ces résultats, son bon profil maladies en fait une variété incontournable. Sur un créneau un peu plus précoce, RGT Oméac, nouveauté 2017, apporte un gain de PS de presque 6 points par rapport à RGT Eleac, tout en maintenant son potentiel.

Charlotte Carn, Philippe Lecuyer / Triskalia

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