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Viande : l’engraissement se délocalise

Les places de marché au cadran constatent des changements structurels dans le commerce du bovin.

La Bretagne a des fourrages à profusion et pourtant l’élevage des bêtes à viande tend à se déplacer vers le bassin méditerranéen, là où la ressource fourragère manque. S’agit-il d’un voyage-retour des bovins 10 000 ans après dans leur berceau de domestication ? Exagéré. Toutefois, l’engraissement se fait de plus en plus dans le sud de l’Europe : en Espagne pour les génisses ; en Italie et en Turquie pour les mâles. Cette demande attise les prix des broutards, ce qui par ricochet fragilise les engraisseurs bretons qui ont du mal à trouver une rentabilité avec un broutard autour de 1 000 €.

prix-boucherieLa défense du prix

« Depuis plusieurs mois les éleveurs souffrent en raison des prix agricoles trop bas et pendant ce temps, la production se déplace vers d’autres pays », a résumé Pierrick Corlay, président, lors de l’assemblée générale du Mol qui s’est tenue le 30 juin à Lamballe (22). Et d’ajouter : « Trop d’animaux ne s’élèvent plus en Bretagne et les conséquences économiques vont se faire sentir dans le monde rural ».

Dans ce contexte, le marché au cadran de Lamballe « entend affirmer encore davantage la défense du prix de vente en regroupant les animaux, en faisant venir les acheteurs et en maintenant la concurrence et la vente en vif », rappelle le président, avant de souligner les valeurs du cadran mis en place en 1974 à Lamballe : « Liberté, défense du prix, indépendance, transparence ». Après une année 2015 avec une augmentation soutenue des apports (+ 11,8 %), « l’année 2016 a confirmé, avec un record d’activité depuis la création du marché de Lamballe (+ 4%) », chiffre Pierrick Corlay, en citant le nombre de 46 400 animaux vendus sur les 4 places de marchés (Lamballe, Guerlesquin Landivisiau et Bourg-Blanc).

Reconnu « marché de référence »

Aujourd’hui, le Mol est reconnu « marché de référence » pour les bovins de boucherie par l’Administration. C’est-à-dire que les prix pratiqués participent à l’élaboration de la cotation nationale FranceAgriMer. Et le Mol de suggérer que « les marchés broutards (9 500 animaux vendus en 2016) et bovins d’élevage peuvent valablement être reconnus comme une référence solide qui produit chaque quinzaine des cotations qui servent à toute la filière ».

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