Politique et Syndicalisme

“Les petits arrangements sur le prix du lait entre opérateurs économiques doivent cesser !”

Les producteurs de lait en crise depuis 1000 jours se sont mobilisés massivement, le mois dernier à l’appel de la FNSEA, de la FNPL et des JA. L’enjeu de cette action nationale était d’interpeler les transformateurs et la distribution sur la situation intenable des éleveurs laitiers qui subissent une crise sans précédent.

Communiqué de presse FNPL du  18 juillet 2017

Les entreprises laitières qui avaient reconnu timidement l’urgence d’une revalorisation du prix du lait aux éleveurs pour le troisième trimestre 2017 ont trainé des pieds. Elles ont veillé à n’être dépassées par aucun de leurs « concurrents » sur la ligne d’arrivée marquant le niveau du prix payé aux producteurs de lait. Ainsi, les deux leaders – Lactalis et Sodiaal – sont dans un mouchoir de poche sur la photo « finish » du prix du lait payé aux producteurs pour le troisième trimestre 2017. Le problème est que les prix affichés, suite à la pression syndicale, sont largement insuffisants ! Cet été, la coopération est la mauvaise élève.

“Un prix du lait payé le plus bas possible”

Dans ce scénario bien orchestré, la stratégie des entreprises n’est ni économique ni transparente. La transformation laitière maintient artificiellement un prix de lait payé aux éleveurs le plus bas possible pour conforter ses marges et ses parts de marché. Quelle que soit son modèle (coopératif ou privé), la situation économique des marchés laitiers, le bon niveau de valorisation de ses produits sur le marché français, le comportement de la grande distribution… la transformation ne sort pas de cette logique de dépréciation de la valeur crée par les éleveurs. Quant aux enseignes, même si elles se disent du côté des agriculteurs, elles n’arrivent pas à sortir de leur guerre des prix bas dont les premières victimes sont les producteurs !

“Les comptes de l’agriculture font froid dans le dos”

Alors que s’ouvrent officiellement les états généraux de l’alimentation (EGA), le 20 juillet, la FNPL interpelle solennellement les pouvoirs publics. Ces EGA doivent aboutir à des avancées concrètes pour l’élevage laitier français qui se meurt. La récente publication des comptes de l’agriculture 2016 fait, à ce titre, froid dans le dos !

La filière laitière française forte de ses 4 milliards d’excédents commerciaux crée de la valeur mais les producteurs de lait qui en sont à l’origine, en phase avec les attentes sociétales, n’en perçoivent pas un juste retour. La question n’est donc pas de créer toujours plus de valeur si cela ne permet pas au premier maillon de bénéficier d’un prix rémunérateur. L’enjeu des EGA qui est de « permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail par le paiement de prix justes » doit réussir. Le principal objectif de ces EGA pour le secteur laitier doit être le partage de la valeur avec transparence et équité. La FNPL prendra ses responsabilités en mettant sur la table des propositions réalistes et novatrices.

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