Edito

Se nourrir

Un pays peut-il être fort en n’étant pas autosuffisant sur le plan alimentaire ? C’est le paradoxe chinois.

En 2020, le pays devrait devenir la première puissance économique mondiale. Mais il sera toujours incapable de nourrir sa population. Bien sûr, Pékin n’en est plus à promettre un bol de riz à chaque habitant. Mais, l’augmentation de la population et la pénurie de terres agricoles rendent finalement fragile ce colosse économique. Avec 0,09 ha de terre agricole par Chinois, quand la moyenne mondiale est de 0,24 ha, cette nation à l’appétit d’ogre n’a d’autre choix que de faire son marché à l’extérieur.

Cette situation de dépendance alimentaire profite entre autres aux Européens qui livrent lait et porc par cargos entiers ou par les longs trains de marchandises qui commencent à emprunter les nouvelles Routes de la soie. Et le marché n’a visiblement pas fini de s’ouvrir. Début mai, le Danemark a conclu un accord pour livrer des milliers de tonnes de saucisses et de conserves de produits à base de porc. Cet accord est évalué à 32 M€.

Pour le groupe Danish Crown, cet agrément signifie que des opportunités existent sur le marché chinois. Cette entente lui permettra de tester à la fois le secteur du commerce de détail et celui de l’hôtellerie-restauration, avant de mettre en service une usine à Shanghai. Pour garantir ses approvisionnements, la Chine entend en effet jouer sur trois tableaux : importer, investir à l’international et accueillir des investissements étrangers sur son sol.

Dans un pays traumatisé par l’insécurité alimentaire – 30 à 50 millions de morts par famine entre 1958 et 1961 – et ébranlé par les scandales sanitaires – 300 000 enfants contaminés par du lait frelaté en 2008 – se nourrir en quantité et en qualité n’a pas de prix.

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