Edito

Service compris

En 2012, une étude du commissariat du développement durable (CGDD) évaluait entre 2 800 et 4 200 €/ha le service de dénitrification annuel rendu par une zone humide. Devant cette estimation impressionnante et peut-être aussi faute de volonté politique, le dossier s’était embourbé sur-le-champ. Et les prairies de fond de vallée ont continué à se fermer sous les ronces et les saules.

La dernière réforme de la Pac a apporté une solution médiane avec les MAEC, mesures agroenvironnementales et climatiques. En fonction des territoires, des aides de 56 €/ha à 326 €/ha sont accordées aux agriculteurs qui s’engagent à faucher ou pâturer les prairies humides sans apport d’intrants. Ce dispositif revient à rémunérer les agriculteurs pour le service rendu à l’entretien du territoire, au maintien de la biodiversité et à la préservation de la qualité de l’eau. Une petite révolution pour le monde agricole…

En proposant la création d’un PSE « paiement pour services environnementaux », le nouveau président de la République, Emmanuel Macron, franchit une étape supplémentaire. Il promet 200 millions d’euros sur 5 ans « pour permettre de rémunérer les services rendus par les agriculteurs ». Cette mesure contribuerait à reconnaître pleinement le travail d’entretien des zones humides, des talus, des haies, etc., jusqu’à présent réalisé gratuitement par les agriculteurs.

Cette nouvelle fonction reconnue deviendra dans ce cas pour l’agriculteur une diversification économique comme la méthanisation, le photovoltaïque ou la vente directe. Mais, si produire de l’environnement rémunéré n’est pas plus antinomique à la production de biens alimentaires que produire de l’énergie, la pérennité financière d’un tel système reste néanmoins posée.

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