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Mathieu Audo produit du miel en transhumance

Du Morbihan aux Landes en passant par le Périgord et les Charentes, les abeilles des landes de Lanvaux voyagent pour produire des miels de différentes saveurs.

Au fil de la saison estivale, les abeilles de Mathieu Audo butinent des fleurs d’acacias en Indre-et-Loire, de châtaigniers en Périgord vert, de tournesols en Charente-Maritime et de bruyères dans les Landes. « Mes 200 ruches sont dans le Morbihan au printemps », précise le jeune apiculteur. « Ensuite, je sélectionne les quarante les plus productives et je les transporte sur des lieux appropriés ». Des endroits choisis avec soin, il y a quelques années, pendant les vacances familiales. « J’ai pris contact avec des agriculteurs, des vignerons et des forestiers du coin ». Le temps de la floraison des acacias et les voilà envolées pour récolter le pollen et le nectar des fleurs de châtaigniers. Viennent ensuite les tournesols cultivés en agriculture biologique et les bruyères en fin de saison. Au total, quatre miels de saveurs différentes.

Pas de pertes liées aux voyages

La transhumance a ses avantages. Elle a aussi ses inconvénients. Le voyage, entouré de mille précautions, se déroule de nuit lorsque les abeilles sont rentrées à la ruche. L’installation du rucher s’effectue aux premières lueurs du jour sur les emplacements retirés des axes routiers. « C’est une lourde charge de travail ; tout est manuel ». Une fois installées, les butineuses travaillent quelques semaines, pendant la floraison. « Je n’ai jamais eu de pertes liées aux voyages ». Après l’installation, Mathieu Audo revient chez lui, dans le Morbihan, où les abeilles des 150 autres ruches s’activent sur les fleurs de la flore locale. « Je produis quatre miels locaux. Un miel crémeux, au printemps, à base de fleurs d’aubépines, de pissenlits, de saules, de colza et de fruitiers. Un miel d’été à dominante de fleurs de ronciers. Ensuite, un miel de forêt, à base de lierre, de bourdaine, de houx, de pins, d”ajoncs, de châtaignier…».

Pour compléter la gamme, l’apiculteur transporte quelques ruches localement, sur les champs de sarrasin. Une petite transhumance. Là encore, le relationnel avec quelques agriculteurs locaux est essentiel. L’ancien animateur socio-culturel, amoureux de la nature et des abeilles, en est à sa quatrième saison. « La production est conforme à ce que j’espérais, malgré une année 2016 difficile en raison d’une météo particulière ». La météo, mais aussi le varroa, le manque de biodiversité, les traitements des cultures et, désormais bien installé, le frelon asiatique. « Il faut placer les pièges aux mois d’avril et mai, et en fin d’été, pour capter les futures reines de frelon. Aux autres périodes, les pièges ne captent que les ouvrières ». Et beaucoup d’autres insectes utiles…

Médaille de l’innovation

Mathieu Audo commercialise 8 miels différents mais aussi du pollen, riche en vitamines et oligo-éléments, et des pains d’épice. « Ils contiennent 50 % de miel », précise-t-il. « C’est un boulanger qui me permet d’utiliser son matériel et son local pour fabriquer les produits ». Le Concours général agricole de Paris a honoré son miel de châtaignier cette année, avec une médaille d’argent. À Pontivy, c’est son pain d’épice aux figues qui a obtenu le premier prix des produits innovants en 2015. « C’est une reconnaissance. Un petit bonus au niveau commercial », sourit-il.

Les produits sont vendus en direct, sur la ferme, dans des Amap, dans des magasins de producteurs à Vannes et à Sarzeau, et sur le marché de Josselin. 30 % sont vendus dans les épiceries fines et dans les restaurants du Morbihan. « Je fais aussi quelques marchés de Noël. La demande existe. Je pourrais vendre plus mais, en apiculture, c’est la production le facteur limitant ; elle est aléatoire… ».

50 % de miel importé en France
La France consomme environ 40 000 tonnes de miel par an ce qui place notre pays parmi les plus forts consommateurs  d’Europe. Malheureusement, la production de miel français n’augmente pas,  elle est même en légère diminution. 2016 est une année catastrophique. Les apiculteurs français ont récolté moins de 10 000 tonnes de miel soit quasi deux fois moins qu’en 2015. Pourtant, avec plus de 40 types de miels, la France possède une très grande variété de produits et de couleurs.

Les apiculteurs français n’assurent que 50 % de la production nationale (20 000 tonnes). Les importations viennent  principalement d’Espagne, de Chine et d’Ukraine. Pour la gelée royale, les Français consomment 100 tonnes par an, alors que la production française n’est que de 3 tonnes. Les problèmes d’élevage et la concurrence de miels importés à bas coût mettent en danger la production française. Pour sécuriser leurs revenus, les apiculteurs ont diversifié leurs produits en commercialisant toute une gamme de produits de la ruche (pollen, gelée royale, propolis) et de nombreux produits à base de miel : bonbons, pains d’épice, cookies, nougat, hydromel…

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