Cultures

Conseils pertinents pour implanter une féverole

Les questions sont nombreuses par rapport à la culture de la féverole. Pour lever ces doutes, un producteur est venu témoigner de ses pratiques devant un groupe d’agriculteurs.

Installé sur une exploitation exclusivement tournée vers les productions végétales, Wilfried Houel est venu faire bénéficier de son expérience à des producteurs bretons lors d’une journée consacrée à la culture de la féverole, à Lothey (29), et organisée par la société Tromelin Nutrition. « Le choix du terrain est primordial. La culture est très sensible au pH, ainsi qu’à la réserve en eau. Les besoins en phosphore et en potasse sont faibles, et nuls en azote. Dans les sols superficiels, la culture peut être réussie à condition que les précipitations soient au rendez-vous », explique le producteur, qui choisit d’implanter de la féverole de printemps tous les ans. « Dans mon secteur géographique, les cultures sont déjà malades en ce moment. Mieux vaut ne pas anticiper les dates de semis en choisissant des variétés d’hiver pour laisser le champ aux maladies », conseille-t-il.

Un faible choix variétal

Le panel de variétés mis à disposition sur le marché est relativement faible. « J’ai choisi la variété Espresso, disponible, avec un bon potentiel de rendement », ajoute le producteur qui trie sa graine tous les ans, pour semer entre 90 et 100 ha de féverole. Cette année, les rendements ont été « d’environ 60 quintaux, les plantes ont eu du mal à arriver à maturité. Au final, j’ai récolté les grains à 21 % d’humidité, que j’ai passés au séchoir à une température basse de 40 °C, pour ne pas abîmer le germe de la graine ».

Les débouchés de la culture se situent principalement dans la filière piscicole, et le producteur qui vend toutes ses récoltes est confronté « à des débouchés limités, l’exploitation ne disposant pas d’élevage ». Le marché de l’alimentation humaine est aussi une manière de valoriser sa culture, mais les problèmes liés aux attaques de bruches rendent les grains non commercialisables. « Le retrait d’un insecticide a fermé le marché Égyptien ».

Soigner le semis

Le producteur conseille une date de semis optimale située entre le « 1er et le 15 mars. Je roule sitôt la graine en terre pour enfoncer les cailloux de la parcelle, en prévision de la récolte. Mes semences fermières sont lourdes, avec un PMG (poids de mille grains) élevé, de l’ordre de 650 grammes. Avec une densité de 40 à 50 grains par m2, la quantité de semence à l’hectare est de 300 kg ». La flore adventice est maîtrisée par le passage d’un désherbant de prélevée. Les ravenelles, fumeterres, pâturin et autres mourons sont ainsi éliminés. En revanche, les champs colonisés par des vivaces comme le chardon, le rumex ou des dicotylédones comme le gaillet doivent être exclus, car « il n’existe pas de solutions techniques pour s’en débarrasser ».

Les bruches comptent pour des prunes

Le producteur costarmoricain a pu remarquer dans ses semences fermières des grains troués, signe d’une attaque de bruche. « Il n’y a aucune conséquence sur le taux de germination, qui se maintient à 90 % ». Une attention particulière est portée sur le semis, la vitesse d’avancement du semoir ne devant pas dépasser « 8 à 10 km/h, sous peine de diminuer la densité de semis à 35 grains / m2. La féverole est souvent implantée après maïs grain, dont les cannes couvrent le sol pendant l’hiver. Le semis se réalise après un travail du sol simple, par le passage d’une bêche roulante, quand les sols n’ont pas été abîmés. La féverole développe un enracinement puissant, qui se contente d’un travail du sol limité à 10 cm de profondeur ». La légumineuse est un bon précédent pour le blé, elle valorise aussi très bien les amendements organiques épandus sur maïs.

EXTRUSION OBLIGATOIRE POUR L’ALIMENTATION ANIMALE
Pour être valorisé par les troupeaux laitiers et gagner ainsi en autonomie alimentaire, la féverole doit « être extrudée. Les graines crues contiennent 24 à 28 % de MAT, riche en azote soluble. Pour être assimilable, elle doit être traitée, sous peine de perdre cet azote dans le lait sous forme d’urée. L’extrusion diminue cette part d’azote soluble », rappelle Anne-Gaëlle Goachet, responsable développement chez Tromelin Nutrition.
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