Edito

Spécisme

Derrière les images choc tournées en abattoir et diffusées sur Internet, figure en fait un projet politique. C’est pourquoi les 7 « révélations » qui se sont succédé en appelleront d’autres. Car les protagonistes qui diffusent ces vidéos n’ont pas simplement la volonté de choquer. Ils labourent l’opinion publique en profondeur pour imposer un courant philosophique : l’antispécisme. Autrement dit, cette idée qu’il n’existe pas de différence entre les espèces humaine et animale.

Ce concept a été forgé par analogie avec les notions de racisme et de sexisme. Il puise ses racines dans le livre du philosophe australien, Peter Singer, « La libération animale », paru en 1975. Un ouvrage qui lui-même s’inspire d’une théorie morale du XVIIe siècle qui renverse la perspective traditionnelle pour laquelle la Nature ou Dieu a créé les animaux non-humains pour que les humains s’en servent comme ils veulent.

Ce mouvement d’antispécisme ne dénonce pas seulement l’abattage, mais aussi l’élevage d’animaux, leur utilisation pour le travail, pour l’expérimentation et même la domestication considérée comme une monstrueuse cohabitation car elle soumet l’animal à l’homme contre sa volonté. Rien de moins… Récurrent, ce discours a et aura des conséquences majeures sur la façon de concevoir le rapport aux animaux.

La législation s’efforce de répondre à cette nouvelle donne sociétale : depuis 1983 le Code rural français reconnaît tout animal comme « être sensible » ; le Traité de Lisbonne de 2009 emploie des termes similaires. Le 15 février 2016, l’idée d’une plateforme européenne sur le bien-être animal a été lancée par l’Allemagne, le Danemark, les Pays-Bas et la Suède au Conseil agriculture et pêche. Elle pourrait constituer un point de départ pour créer un modèle réglementaire européen.

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