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Le petit blanc du matin aux Vieilles Charrues

La Bretagne est très riche en événements durant l’été. À l’occasion des 25 ans du festival des Vieilles Charrues, rencontre avec des agriculteurs qui distribuent du lait chaque matin.

LOGO-VIEILLES-CHARRUESUne nuit un peu courte, de la musique encore plein les oreilles, des pieds endoloris par des danses devant ses artistes préférés… Le festivalier des Vieilles charrues peut parfois avoir un réveil quelque peu difficile. Alors, sortant le bout de son nez de la tente installée au camping, il va à la rencontre des agriculteurs bénévoles distribuant à qui veut le boire un savoureux verre de lait.

Fourni gratuitement par des laiteries bretonnes, la boisson lactée remplit les estomacs dès potron-minet : depuis 1999, le comité de développement des agriculteurs du Poher a mis en place cette dégustation, pour le plus grand bonheur de tous. « Une quarantaine de bénévoles assurent la distribution les vendredi, samedi et dimanche du festival, entre 10 h et 13 h », explique Jaap Zuurbier, producteur de lait biologique sur Plounévezel (29) et volontaire depuis quelques années pour l’événement.

Jaap Zuurbier, Josiane Quéré, Claude Corcuff et Christine Corvest serviront le lait d’agriculteurs bretons le matin du festival au camping.
Jaap Zuurbier, Josiane Quéré, Claude Corcuff et Christine Corvest serviront le lait d’agriculteurs bretons le matin du festival au camping.

Garçon, un demi… écrémé !

Pour la 25e édition des « Charrues », comme l’appellent les habitués, l’équipe d’agriculteurs sera bien entendu présente. « Nous prévoyons de servir près de 4 700 litres durant ces 3 jours », chiffre le producteur. Loin derrière les hectolitres de bières sortant des pressions des différents bars, le volume est tout de même conséquent. Mais que les amateurs du liquide blanc se rassurent. « On ne fait pas n’importe quoi. Stockés dans les locaux de l’Urcil de Carhaix, la livraison de la matinée se fait avant 9 h sur le site ».

Un moment privilégié pour échanger directement avec le consommateur, sur la chaîne du froid, les conditions de stockage du lait, mais pas seulement. « Les soucis restent à l’entrée du site. Malgré une conjoncture difficile, nous devons communiquer positivement sur notre métier. Nous avons du temps à consacrer pour le bénévolat même si nous sommes agriculteurs », ajoute Christine Corvest, agricultrice à Poullaouen (29). Pour Jérôme Tréhorel, directeur du festival, « le fait que ce soit les agriculteurs eux-mêmes qui distribuent le lait marque les esprits. Le message a plus d’impact envers le consommateur. C’est devenu un incontournable ». Qui mieux qu’un éleveur pour parler de la production laitière ?

Agriculteur avec un grand A

Qu’on se le dise : la Bretagne est un territoire vivant sur lequel des femmes et des hommes produisent, que ce soit par des modes de production conventionnels, raisonnés ou biologiques, des denrées alimentaires de qualité. Le cadeau offert chaque matin aux participants du festival est un outil de communication formidable. « C’est pourquoi nous avions monté ce dossier il y a une quinzaine d’années. Beaucoup de gens ne consomment du lait froid qu’aux Vieilles Charrues », explique Jaap Zuurbier.

Une opération séduction, saluée l’année dernière par Agriculteurs de Bretagne, par « un premier prix dans la catégorie communication. Le jury a été sensible à notre action, surtout par la rencontre improbable entre le festivalier et le producteur », se souvient Josiane Quéré, animatrice au comité de développement du Poher et d’agriculture au féminin à la Chambre finistérienne.

Souvenirs d’enfance

Guillaume Briselet boit les paroles du festival de musique comme du petit-lait. Adepte des concerts, le joyeux gaillard traque les bonnes affiches. En juillet, il ne raterait pour rien au monde les 4 jours de spectacle basé en centre Finistère. « Les concerts, le camping, la galette saucisse et la distribution de lait font partie des Vielles Charrues », résume-t-il. Campeur sur le site depuis 2002, il ne se souvient pas « avoir raté un verre de lait du matin ».

Et le train-train quotidien est bien huilé : « En allant à la toilette, le passage au stand de distribution est obligatoire. C’est très amical, les gens sont contents d’être là, qu’il pleuve ou non. J’aime que les agriculteurs fassent passer le goût de leur métier et de leurs produits. Il y a toujours un petit mot échangé avec les bénévoles. C’est sincèrement une des plus belles initiatives du festival », avoue-t-il.

Le lait, produit basique mais porteur de tellement de souvenirs, a toujours une histoire à raconter. « À l’école primaire, on nous distribuait déjà des petites briques de lait nature pour le goûter de 10 h. Les enfants étaient peut-être moins malades qu’aujourd’hui, dans tous les cas, cela ne nous faisait pas de mal », pense Guillaume Briselet. De quoi restaurer et faire le plein d’énergie pour le bonhomme, car trois jours de fête sont encore à passer.

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