La Bretagne agricole se rêve un autre avenir

 - Illustration La Bretagne agricole se rêve un autre avenir
Un projet avec des actions concrètes d’ici la fin de l’année. C’est ce que promet le président de la Chambre régionale d’agriculture aux agriculteurs bretons.

À mi-parcours de son mandat à la présidence de la Chambre d’agriculture, Jacques Jaouen revient à ses promesses de campagne : « Du revenu pour les agriculteurs ». Mais le contexte de crises inédit a quelque peu changé la trajectoire de réflexion pour répondre à cette attente forte des agriculteurs. « Le monde paysan attend de nous des projets », a-t-il martelé, jeudi dernier à Rennes (35), aux élus et responsables agricoles invités à « oser une nouvelle ambition pour l’agriculture bretonne ».

La nécessité de se réinventer

Oser, c’est passer outre certains tabous a embrayé Jacques Jaouen qui a joué la partition de l’optimisme pour entraîner ses troupes sur le chemin du renouveau des idées et des actions. « Arrêtons de regarder l’avenir comme si nous avions toujours des difficultés », a-t-il lancé en incitant « à communiquer de manière positive ». Et d’illustrer : « Nous faisons de la qualité. Cette qualité a une valeur et donc un prix ».

Toutes les recettes – nouvelles et anciennes – ont été passées en revue par les intervenants, conscients que l’agriculture bretonne doit se réinventer, tout en reconnaissant que des freins (humains, culturels, etc.) font parfois obstacle à cette évolution indispensable. « Quand on parle d’organisation en porc, on touche à un sujet tabou », cite en exemple Paul Auffray, président de la FNP. Et de reconnaître que la profession « se plaint parfois de la complexité administrative, mais avons-nous des leçons à donner ? », dit-il, en faisant référence aux multiples cahiers des charges de la production porcine. « Les administrateurs s’amusent de nos divisions », conclut-il.

Davantage de maîtrise sur les prix

Mais les responsables professionnels ne sauraient être tenus pour uniques responsables de cette division si l’on se réfère, par exemple, à la production laitière qui patine dans la mise en place des OP. « Celles qui existent ont du mal à peser », reconnaît Franck Guéhennec, président de la FDSEA 56. Il suggère d’actionner des leviers sociaux et fiscaux pour inciter les producteurs à se fédérer en masse. Façon de devenir incontournables pour les industriels mais pas un rempart contre la volatilité des prix.

Cette volatilité a d’ailleurs été au cœur de longs échanges. Avec ce constat unanime aujourd’hui bien établi que, dans un marché ouvert, l’on trouvera toujours quelqu’un pour produire moins cher. « Il y a un devoir d’harmonisation fiscale, sociale, réglementaire en Europe, sinon il y a un vrai risque de délocalisation comme on l’a vu pour une partie de la production du Danemark qui est partie en Pologne », relève Patrice Drillet, président de la Cooperl.

La segmentation des produits permet à ce titre d’échapper au marché des commodités où le prix reste, tant pour l’industriel, que le distributeur, mais aussi le consommateur le premier critère d’achat. Cette différenciation des produits, synonyme de valeur ajoutée supplémentaire, est éprouvée depuis des années en tomate notamment ; elle trouve aussi sa justification dans les produits animaux. Avec la possibilité « dans le modèle coopératif d’imposer ses standards alors qu’autrement c’est la grande distribution qui les fixe », note Patrice Drillet.

Des agriculteurs agissent

Autonomie des exploitations, diversification des sources de revenu (production d’énergie, prestations de services, vente directe, etc.), changement de modèle de production sont des voies de plus en plus explorées par les agriculteurs pour améliorer leur revenu. En témoigne, le « record de conversions en agriculture biologique en 2015 », souligne Jacques Jaouen qui souhaite inscrire l’organisme consulaire comme force de propositions au service de tous les agriculteurs bretons. Rendez-vous fin 2016.


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