Découvertes

Délicats savons au lait d’ânesse

Ève Guyot confectionne des savons aux nombreuses vertus à base du lait de ses ânesses. Elle accueille aussi différents publics sur sa ferme pédagogique qui compte vingt-deux ânes de six races différentes.

Vous connaissez la légende de Cléopâtre se prélassant dans un bain au lait d’ânesse pour conserver la beauté de sa peau. On raconte qu’il fallait 700 ânesses pour fournir à la reine d’Égypte suffisamment de lait pour ses bains quotidiens. Pas étonnant, car ce lait est rare. « Une ânesse produit environ 1 litre par jour », explique Ève Guyot qui tient la ferme pédagogique Histoires d’ânes à La Bouëxière. Éreinté par les guerres et les excès, François 1er a, quant à lui, consommé le précieux breuvage pour se refaire une santé…

Rare et précieux

Proche du lait maternel, le lait d’ânesse est riche en vitamines, minéraux et oligo-éléments. Il a une action bénéfique sur certains problèmes de peaux comme l’eczéma ou le psoriasis. « Je l’utilise à hauteur de 20 % minimum dans la fabrication de mes savons. Afin de ne pas chauffer à plus de 35 °C et de garder ses vertus, il est intégré à une base de savon végétale en fin de préparation. » L’artisane propose 13 savons différents : nature, à l’huile végétale (olive, amande douce, abricot…) ou à l’huile essentielle (bois de rose, menthe, thé vert, patchouli…). Selon les produits utilisés, ils ont des propriétés hydratantes, adoucissantes, tonifiantes…

Ève Guyot possède actuellement vingt-deux ânes de six races différentes, dont deux mâles qui assurent la reproduction. « L’un d’eux est un âne du Cotentin en race pure. Un des 20 reproducteurs mâles restants pour l’effectif global de 2 600 individus » de cette race à la robe grise avec une bande cruciale plus sombre sur les épaules, encore appelée croix Saint-André.

À partir de 3 – 4 mois d’âge, les ânons sont séparés progressivement de leurs mères pour qu’elles puissent être traites, une à deux fois par jour. « La transition se fait en douceur pour que les jeunes ne soient pas stressés par le sevrage qui est réalisé entre 10 mois et 1 an. Certains ânes et ânons sont vendus régulièrement. »

Brosser, manipuler, câliner les ânes

« La visite de l’asinerie est proposée, pour mieux connaître les ânes et leur environnement, avec différentes activités selon les publics. Les personnes malvoyantes peuvent suivre un atelier sur le toucher des différentes races d’ânes. Je propose aux visiteurs d’assister à la traite des ânesses, d’approcher les ânons. Les enfants peuvent brosser, manipuler, câliner les ânes, réaliser de la crème hydratante à partir du lait… » D’autres animaux sont présents sur la ferme pédagogique : trois chevaux, deux poneys, des volailles d’ornement, et quelques chèvres angora.

Pour l’accueil des groupes, et prendre le goûter, l’éleveuse a mis en place une yourte.
Quinze ânesses et trois hongres (mâles castrés) accompagnent le public pour des randonnées autour du site d’accueil, d’une heure ou d’une journée. Des ânes « bien dans leur tête qui peuvent transporter les bagages et les enfants, jusqu’à 60 – 80 kg. » Grâce aux soins prodigués par l’éleveuse, sa présence au quotidien, ces grosses peluches sont tranquilles, apprécient le contact des enfants. Pour pâturer, les ânes préfèrent les terrains pauvres. Ils mangent aussi du foin, de l’aliment et des fruits et légumes récupérés.

Tempérament doux et affectueux

Plus jeune, Ève Guyot a pratiqué l’équitation en compétition de saut d’obstacles. Sa passion pour les plus petits équidés lui est venue par la suite, quand sa grand-mère lui a offert un âne, promesse de son grand-père décédé. « En un an, je suis passée de 1 à 14 ânes. J’ai tout de suite apprécié le tempérament doux et affectueux de ces animaux par ailleurs très intelligents. En 2010, j’ai arrêté mon métier de commerciale pour monter mon projet d’accueil et de production de savon qui a débuté en mars 2011. » Il lui est encore difficile de gagner sa vie avec ce type d’activité qui se développe sur le long terme. « Mais c’est un moyen de vivre différemment, plus sereinement, d’avoir une vie de famille. »

Contact : Histoires d’ânes La sapinière 35340 La Bouëxière / tél. 06 10 42 16 35 / E-mail : contact@histoires-d-anes.fr / www.histoires-d-anes.fr

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