Productions Agricoles

2015, ailleurs dans le monde du porc…

Les Européens sont les seuls à ne pas avoir bénéficié de prix élevés sur l’année écoulée. À l’intérieur de l’Union, la dynamique est différente selon les pays. Un point sur les perspectives en 2015 dans les principaux bassins de production.

Les prix s’effondrent au 1er trimestre 2015

Aux États-Unis, la production a baissé, en 2014, en raison des 12 000 cas de DEP (diarrhée épidémique porcine) enregistrés à ce jour. Les prix ont fortement augmenté ; l’année 2014 restera dans les annales pour les éleveurs ayant été épargnés par la maladie en termes de rentabilité. Les poids de carcasses ont augmenté de 3 kg pour compenser, en partie, la baisse des effectifs abattus. La production 2015-2016 promet d’être forte car le nombre de truies a explosé. Dès le 1er trimestre 2015, les éleveurs subissent des pertes avec l’effondrement des cours lié à la hausse des effectifs, à un blocus des ports maritimes qui ont empêché les exportations vers les pays tiers et à une parité euro-dollar qui avantage les produits européens.

Export en léger repli

Au Canada, les prix ont atteint des niveaux historiques en 2014. Les exportations sont en léger repli même si les ventes vers les États-Unis et vers le Japon, 2 marchés qui représentent plus de la moitié des ventes canadiennes, ont progressé. Le Mexique, touché par la DEP, a également accru ses achats au Canada. Par contre, la demande chinoise a chuté de plus de 20 % et les ventes vers la Russie ont été freinées après l’embargo économique décrété en août. Le Canada n’a profité de l’embargo sanitaire européen que pendant 6 mois.

La dépréciation du rouble handicape les Brésiliens

Comme aux USA et au Canada, le cours a atteint des niveaux historiques en 2014. Le nombre de porcs abattus a progressé de 2,3 %. L’embargo russe qui a pénalisé l’Europe  et l’A-mérique du Nord a peu profité aux Brésiliens. Ils restent très prudents sur ce marché pour avoir, dans le passé, subit eux aussi un embargo. La dépréciation du rouble a rendu les négociations de prix difficiles en fin d’année. Les Brésiliens ont exporté des quantités réduites au regard de besoins des Russes, les conditions tarifaires ne satisfaisant pas les exportateurs sud-américains. La situation ne devrait pas s’arranger en 2015. Ils ont également perdu pied sur le marché ukrainien qui était pourtant leur 3e débouché et l’Angola ne dispose pas des liquidités suffisantes pour importer.

Champion du monde de l’importation de porcs vivants

L’Allemagne a importé, en 2014, 4,4 millions de porcs charcutiers pour l’abattage et 11,4 millions de porcelets pour l’engraissement. 27 % des abattages concernent des porcs nés dans les pays voisins. Le prix a chuté de 9,12 % en 2014, donnant le tempo à toutes les cotations européennes. Les tonnages vendus aux Russes auparavant ont été réorientés vers le marché européen. Le nombre de truies qui progressait, par rapport à 2013, jusqu’au milieu de l’année s’est stabilisé, voire diminue (enquête de décembre 2014). L’abattage devrait se stabiliser en 2015, voire diminuer légèrement.

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Le record de production sera battu en 2015

La production espagnole est en pleine expansion en 2014-2015. Entre septembre et décembre 2014, l’abattage a progressé de 8 %. Le record établi en 2014 sera vraisemblablement battu en 2015. Le nombre de truies sur toute l’année 2014 est en augmentation de 5 % par rapport à 2013. L’exportation bat également des records, dans un pays qui atteint désormais 160 % d’autosuffisance. Les ventes vers l’Union européenne ont progressé de 5 % et de 31 % vers les pays tiers (Asie). Depuis mai 2013, les entreprises espagnoles étaient fermées au marché russe, l’embargo de 2014 n’a donc pas eu d’impact direct.

Le porc russe à 2 €/kg

Les rentrées d’argent liées aux exportations de gaz et de pétrole sont en baisse en Russie. Il y a donc moins de disponibilités pour soutenir le développement du secteur agricole. Les Russes importent 700 000 tonnes de viande de porc en moins désormais (embargo). Le prix du porc s’est envolé, atteignant 125 roubles par kilo, soit environ 2 €/kg. Les opérateurs de la filière investissent donc fortement compte tenu de la rentabilité, malgré la baisse des soutiens publics. L’autosuffisance est toujours annoncée pour 2020.

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