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Mieux s’organiser en bovins viande

La caméra, troisième œil de l’éleveur

Depuis plus de 10 ans, l’élevage de la famille Cornec, à Saint-Urbain (29), est sous surveillance vidéo. Depuis, ils ne font plus d’allers et retours inutiles à l’étable la nuit pour contrôler les vêlages.

« Je ne compte plus le nombre de vaches et de veaux que j’ai sauvés grâce à la surveillance des animaux par caméra », confie Bernard Cornec, éleveur en race blonde d’Aquitaine à Saint-Urbain (29) et aujourd’hui à la retraite. C’est Lionel Cornec, son fils qui a pris le relais sur l’exploitation familiale totalisant 100 mères et un atelier volaille de chair. Toutes les femelles sont gardées sur l’élevage et les mâles vendus en broutards.

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Lionel Cornec, éleveur à Saint-Urbain et Rémi Tertrais, dirigeant de la société Detecvel, dans le bâtiment équipé d’une caméra de vidéo-surveillance.

La caméra permet de lire une boucle de vache à 40 m

« Avant, le bâtiment des allaitantes était à côté de la maison. En 2004, la stabulation neuve a été construite à 2 km sur le site où se trouvent les poulaillers. Il fallait alors trouver une solution pour surveiller les vêlages de nuit sans avoir à se déplacer systématiquement », raconte Lionel Cornec. Les éleveurs décident alors d’installer une caméra dans le bâtiment pour pouvoir surveiller les vaches sur la télé dans leur maison. « Au départ, nous avons installé une transmission par antenne avec un relais permettant de contourner les arbres pour pouvoir garantir une image nette sur la télé », explique Rémi Tertrais, dirigeant de la société Detecvel ayant installé le matériel. La caméra qui tourne à 360° permet aussi de zoomer à l’endroit souhaité. « C’est impressionnant, on peut lire précisément une boucle sur une vache située à 40 m de la caméra », certifie Lionel Cornec.
L’installation a bien sûr évolué et la transmission se fait dorénavant par internet. L’éleveur peut se connecter à la caméra dès qu’il le souhaite sur son téléphone portable. « J’utilise mon téléphone en journée, mais le soir je préfère la tablette ou l’ordinateur portable, c’est tout de même plus confortable sur un écran plus grand. »

Conseils et tarifs

Rémi Tertrais, dirigeant de la société Detecvel conseille à ses clients d’opter pour une caméra couleur avec un bon zoom. Il faut compter 4 500 € d’investissement pour un système complet. Les éleveurs peuvent aussi louer le matériel, proposé à partir de 100 €/mois. La location offre l’avantage d’avoir du matériel performant renouvelé tous les 48 mois. « Je vends des capteurs et des caméras de la marque Sony, c’est du matériel très performant et d’excellente qualité. » Une bonne caméra équipée d’un zoom performant peut permettre de bien voir le bout des pieds du veau et ainsi de vérifier si ce sont les pattes avant ou arrières qui sortent en premier au moment du vêlage pour confirmer qu’il sort bien à l’endroit. Le spécialiste de la vidéosurveillance insiste : « Dans le cas d’une construction de bâtiment neuf, il faut passer un câble de fibre optique dans la tranchée qui relie le bâtiment au compteur électrique et à l’arrivée téléphone. Le passage en connexion internet par fibre optique permet des débits supérieurs et, par conséquent, des téléchargements plus rapides, une meilleure image qui sera compatible avec les nouvelles caméras et les différents écrans HD (haute définition). »

70 % des vêlages se passent la nuit

L’éleveur estime que, chez lui, 70 % des vêlages se passent la nuit. « La caméra est équipée de projecteurs qui s’allument la nuit pour pouvoir observer les animaux 24 h/24 », précise Rémi Tertrais. L’éleveur a choisi de grouper ses vêlages de fin septembre à novembre pour 70 % et les 30 % restant sur mars/avril. « Pendant ces périodes de vêlages, je regarde la caméra en me levant le matin pour m’assurer que tout va bien. J’active aussi régulièrement la caméra en journée sur mon téléphone portable. Ensuite, je vérifie le soir avant de me coucher et tous les 3 h. » Pouvoir observer les animaux sans qu’ils le sachent permet de surveiller leurs comportements. « L’autre jour, j’ai remarqué une vache qui se tapait le ventre avec une patte. Je suis allé tout de suite dans la stabulation pour la fouiller et j’ai senti une torsion de matrice.

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Lionel Cornec observe plusieurs fois dans la journée le comportement des vaches prêtes à vêlées sur son téléphone portable.

J’ai appelé le vétérinaire pour qu’il vienne faire une césarienne en urgence. » Il se souvient qu’une autre fois suite à un vêlage, il est rentré en pensant que tout allait bien. « J’ai quand même vérifié et j’ai vu que la vache avait fait un retournement de matrice, cela m’a permis d’intervenir rapidement. » Et des histoires comme celles-là, Lionel Cornec en a beaucoup d’autres, puisqu’il voit presque tous les vêlages sur son élevage. Nicolas Goualan

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