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La luzerne déshydratée, une option avantageuse

Alimentation vaches laitières Marie-Thérèse et Guy Massot sont producteurs de lait à Plessala (22). Ils sont associés au sein de l’EARL du Présaton et utilisent depuis 10 ans déjà de la luzerne déshydratée brins longs en balle dans l’alimentation de leur troupeau.

Les éleveurs pourraient élever le niveau d’étable de leurs vaches, le troupeau ayant le potentiel génétique pour, mais ils ont fait le choix d’optimiser leur production différemment. « Notre objectif est de produire au meilleur coût en gardant la qualité et la santé de notre troupeau. Il faut trouver le bon équilibre entre un coût maîtrisé et les bonnes performances de production et de fécondité », précisent Guy et Marie-Thérèse. Ils estiment avoir trois atouts : « Tout d’abord, l’expérience qui nous permet d’anticiper les problèmes. De plus, nous n’avons pas introduit de nouvelles bêtes sur l’exploitation depuis des années. Depuis 20 ans, toutes nos bêtes sont nées ici. Enfin, nous trouvons que la luzerne déshydratée brins longs en balles (Rumiplus de Désialis) est aussi un avantage ».

Des génisses aux vaches laitières

Les éleveurs ont d’abord introduit du Rumiplus pour l’alimentation de leurs génisses. Au même moment, ils ont rencontré un problème métabolique sur leurs vaches laitières (retournement de caillette), et à partir de là, ils ont décidé de leur distribuer de la luzerne déshydratée. « Nous en distribuons encore un peu aux génisses, au démarrage ». Ils utilisent la luzerne déshydratée de mi-octobre à fin février -sur la période d’hiver, quand les vaches sont sans herbe-, à raison d’1,5 kg/par vache et par jour. « Nos vaches ne disposaient pas de foin, nous n’avons pas assez de surface pour en faire, il fallait qu’on amène de la fibre. Une fibre plus efficace au niveau rumination que celle du foin ou de l’enrubannage. » Les brins longs de la luzerne accrochent bien, ils favorisent la rumination.

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La luzerne déshydratée se présente en brins longs. Elle favorise la rumination.

Les éleveurs ont également cons-taté moins de problèmes avec leurs vaches. Ils restent toujours vigilants aux risques d’acidose à cause du maïs et du blé (leur maïs est riche en amidon). D’ailleurs, chaque mois, ils font mesurer l’acétonémie et, s’ils observent un risque, ils introduisent un peu plus de fibres  et de l’énergie (céréales, propylène). Ils complètent : « Par rapport à notre surface, nous devons acheter des matières premières, alors nous avons arbitré : on sécurise. Nous produisons du maïs et nous achetons de la luzerne déshydratée ». De ce fait, ils optimisent la ration et valorisent le maïs de l’exploitation.
Les associés considèrent que la luzerne déshydratée ne représente pas un surcoût par rapport à la surface dont ils disposent. « Nous sommes très économes, mais nous achetons de la luzerne déshydratée. Pour nous, c’est l’assurance d’une bonne ration qui fonctionne ». Les producteurs en achètent 15 tonnes pour l’année mais ne distribuent pas autant qu’ils souhaiteraient, soit 2 kg par vache et par jour. À noter que la luzerne déshydratée ne remplace pas un fourrage mais complète la ration en cellulose.

85 € / 1 000 L de coût alimentaire

Selon eux, c’est une garantie de sécurité et très simple à utiliser. « Et ce qui compte, c’est le résultat économique à la fin. Nous pouvons utiliser du Rumiplus sans exploser le coût alimentaire ». Le coût alimentaire du troupeau est de 85 €/1 000 L par rapport à un groupe d’éleveurs à production identique (350/450 000 L) qui se situe en moyenne à 100 €/1 000 L  (source : CER). « Notre coût fourrager (y compris la luzerne) est de 35 €/1 000 litres, soit 2 € de plus que celle du groupe mais notre coût du concentré ressort à 50 € /1 000 L quand la moyenne est à 67 € ».  « Avec la fin des quotas, nous souhaitons garder un outil de travail fonctionnel et performant » concluent-ils.
L’apport de luzerne déshydratée dans la ration est une solution intéressante d’un point de vue nutritionnel. Elle apporte sécurité et équilibre à une ration qui peut présenter un risque acidogène.

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