Dossiers

Affourager en vert sans se mettre dans le rouge

L’affouragement en vert pour remplacer le pâturage

La mécanisation de la récolte de l’herbe est une aubaine pour les éleveurs de chèvres, car le pâturage est très mal exploité par l’animal.

Pierre-Yves Poirier est installé en production laitière sur une exploitation biologique de 280 chèvres à Nouvoitou (35). Le début de sa conversion a démarré en 2010. « J’ai été confronté à une très forte augmentation du coût alimentaire de ma ration, passant de 220 €/1 000 L à plus de 400. Il me fallait trouver une solution », affirme-t-il. Un surcoût bien sûr lié à des aliments certifiés AB, composés de bouchons de luzerne ou de maïs. Le pâturage des animaux était réalisé, mais sans grand succès. « Les caprins ont un comportement de cueilleur et de grimpeur. J’arrivais à un pâturage avec 80 % de refus ». Cette situation, beaucoup d’éleveurs de chèvre la connaissent et l’affouragement en vert est une solution.

pierre-yves-poirier-chevres
La distribution se fait une fois par jour et est très appréciée des chèvres.

Mélange de graminées et de légumineuses

Pour apporter l’herbe fraîchement coupée à ses animaux, Pierre-Yves Poirier a opté pour une autochargeuse Jeulin Pales 300 de 24 m3 utiles qui a la particularité de posséder une coupe rotative entraînée hydrauliquement. « Beaucoup plus souple d’utilisation car sans renvoi d’angle sur la coupe, l’autochargeuse peut avoir une vitesse d’avancement de 15 km/h », explique Patrice Le Polh, inspecteur commercial chez Jeulin. L’éleveur apprécie l’autonomie de la machine qui fauche, récolte et distribue le fourrage. « Contrairement à un système avec coupe frontale sur le relevage avant du tracteur couplé à une autochargeuse simple, la Pales 300 ne souille pas l’herbe récoltée car elle travaille en décalé. Autre point, pas besoin d’attacher ou de détacher un outil de fauche avant ou de monopoliser un engin pour le fourrage. Enfin, la puissance nécessaire est moindre pour tracter et animer la machine », précise le commercial. Ici, les 100 CV du tracteur suffisent.

Gain de 1 à 2 ha

Outre l’avantage de mieux valoriser la pousse de l’herbe qui était gaspillée au pâturage, le producteur de lait y a trouvé d’autres points forts. « Je fauche mes parcelles au meilleur stade alimentaire, au moment où les matières azotées de la plante sont les plus importantes. Le parasitisme est fortement minimisé, notamment au niveau des strongles qui pouvaient contaminer les bêtes à la mise en pâture », avoue-t-il. D’autres espèces pourront être essayées sur l’exploitation, comme le brome qui ne supporte par le piétinement mais peut être fauché. Les parcelles sont aujourd’hui composées de mélange de ray-grass d’Italie et de trèfle incarnat, ou de fétuque associée à différents trèfles violets ou blancs. Mieux, Pierre-Yves pense revoir son assolement en libérant 1 ou 2 hectares grâce à cette valorisation plus intéressante.
« Le salissement des parcelles est moindre, particulièrement sur rumex, qui n’apprécie pas ces fauches à répétition. D’un point de vue général, le rendement parcellaire est augmenté de 20 à 30 % par une meilleure reprise de la végétation », complète Patrice Le Polh.

Patrice-Le-Polh-Jeulin-Pierre-Yves-Poirier-Patrick-Croissant-Bretagri-Marc-Beaudoin
De droite à gauche : Patrice Le Polh, de chez Jeulin, Pierre-Yves Poirier, éleveur à Nouvoitou, Patrick Croissant de chez Bretagri et Marc Beaudoin, étudiant à l’Ihedrea.

Outil adaptable

La hauteur de l’autochargeuse ne permettait pas de rentrer dans le bâtiment, « à cause du rail du robot de distribution automatique de luzerne fixé sur la charpente. Les barres adaptables ont été baissées pour pouvoir rentrer ».
Pour plus de confort, le convoyeur de la remorque autochargeuse est lui aussi hydraulique, et « l’inversion de ce convoyeur peut être contrôlé depuis la cabine pour distribuer le fourrage au choix à gauche ou à droite. Autre astuce du modèle, le châssis asymétrique et le positionnement des électrovannes du côté gauche pour éviter de pencher l’ensemble pendant la fauche quand on le déporte », note Patrice Le Polh. Pas question de faire marche-arrière pour l’éleveur qui juge l’outil « indispensable en production de lait de chèvre ». L’herbe restera pour la région un formidable atout économique et nutritionnel qu’il faut savoir valoriser. Fanch Paranthoën

Mots-clés

Peut vous intéresser

Lire aussi...
Fermer
Bouton retour en haut de la page
Fermer