Politique et Syndicalisme

Installation : Le « mur bancaire » pour aider à financer les projets

Face à des coûts d’installation toujours plus lourds, JA national a collaboré à la mise en place de différents outils permettant d’élargir le cercle des appuis financiers.

« Nous avons plus besoin de voisins que d’hectares », clamaient les jeunes agriculteurs du CNJA dans les années 90, assez peu entendus alors par les autres responsables professionnels qui s’inquiétaient du début du découplage de la Pac et des encadrements qui disparaissaient. L’aspiration était plutôt à la confortation pour les exploitants en place. Appuyée par Philippe Vasseur, ministre de l’Agriculture de l’époque, une charte nationale a toutefois été créée en 1995 et a permis de mettre en place des outils favorisant les installations et leurs réussites, avec le succès que l’on connaît.

L’agrandissement a tout de même eu lieu en parallèle, le nombre d’exploitations passant de 750 000 à 450 000 sur 20 ans. Aujourd’hui, la volonté de JA national de favoriser l’installation reste intacte, mais le contexte a changé. Avec des structures plus grandes, le financement pose davantage problème. C’est pourquoi JA a mené une réflexion autour d’un « mur bancaire » qui pourrait ouvrir le financement à différents partenaires, apportant chacun leur « brique » à l’édifice.

Des livrets donnant droit à des crédits

Deux nouveaux outils ont été présentés pendant la table ronde organisée lors de la session Renouvellement des générations en agriculture, qui se tenait cette année près de Saint-Malo (35). Une banque propose, par exemple, un accès à des prêts allant jusqu’à 50 000 € à 1 % sur 10 ans. Ces prêts vont venir en complément des prêts bonifiés. La réelle nouveauté réside dans le fait que ces prêts seront transmissibles. « L’objectif est de voir comment transposer l’ingénierie financière des grandes entreprises vers les grandes structures agricoles ».

Microfinancement

Autre projet auquel JA adhère : Miimosa, une plate-forme de financement participatif destinée au monde agricole. « Ce mode de financement permet à la famille, des amis, des partenaires ou d’autres personnes séduites par un projet de contribuer à sa création sous forme de don », explique Florian Breton, fondateur de Miimosa. Des contreparties sont réservées aux contributeurs (produits, invitation sur l’exploitation…). Reste que ce type de financement semble s’adresser plutôt aux projets en circuits courts ou à forte valeur ajoutée.

Les porteurs de projets agricoles vont aussi devoir se confronter à un nouveau mode de gestion, avec la régionalisation du Feader. « Toutes les régions n’avancent pas en même temps », regrette Loïc Guyard. Ce JA de Bourgogne estime que le syndicat de jeunes est bien écouté aujourd’hui, mais ressent un certain « manque de courage politique vis-à-vis de l’agriculture. » Agnès Cussonneau

L’avis de Hervé Lejeune, Conseil général de l’alimentation

La rentabilité reste forcément un préalable au financement en agriculture. Il faut d’ailleurs noter que les exploitations les plus chères se transmettent le mieux aujourd’hui. Les deux moteurs essentiels à l’installation seront les prix agricoles et une révision du statut du fermage. Les bas prix du foncier pratiqués actuellement n’attireront pas d’investisseurs extérieurs… Sur le parcours à l’installation, les JA doivent, à mon avis, maintenir le dispositif actuel, mais ne pas aller plus loin. La priorité est de se libérer des contraintes et de la lourdeur administrative.

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