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Anticiper le semis de maïs

Du bio-contrôle contre la pyrale

La nature fait bien les choses, car dans un écosystème les populations se régulent de façon naturelle. Il en est de même dans un agrosystème, et les solutions de bio-contrôle utilisent simplement les solutions de la nature.



Lutter efficacement contre les bio-agresseurs est primordial pour la réussite d’une culture. Les firmes fabricantes de produits phytopharmaceutiques usent de moyens chimiques dont l’efficacité n’est plus à démontrer. Au-delà du débat avec la société sur leur utilisation, des avancées techniques très intéressantes aboutissent, notamment au niveau du bio-contrôle. Mais de quoi s’agit-il ? « Les produits de bio-contrôle protègent les plantes contre la plupart des stress biotiques que connaissent les cultures. L’idée est d’utiliser des mécanismes et des interactions naturels, pour arriver à une gestion des équilibres des populations d’agresseurs plutôt qu’à leur éradication », explique Denis Longevialle, secrétaire général d’IBMA, association professionnelle des entreprises du bio-contrôle.

Biotop propose des diffuseurs pour lutter contre la pyrale
Biotop propose des diffuseurs pour lutter contre la pyrale. Photo Biotop

Macro et micro-organismes

Les produits de bio-contrôle sont représentés par différentes espèces d’origine animale, végétale ou minérale. Bien connus en culture maraîchère et ornementale, Encarsia formosa ou Macrolophus calignosus luttent efficacement contre les aleurodes. Ces deux prédateurs naturels font partie des produits de bio-contrôle classés dans les macro-organismes. « Les micro-organismes comme les virus, les bactéries et les champignons ou les médiateurs chimiques comme les phéromones et le kairomones sont d’autres produits de bio-contrôle. À cela peut s’ajouter d’autres substances naturelles, d’origines diverses », liste Denis Longevialle. Le phosphate ferrique, présent dans des spécialités commerciales comme le Sluxx, est une substance naturelle utilisée pour lutter contre les limaces.
Encore peu concernée par les dégâts de pyrale, la région Bretagne voit néanmoins ce ravageur grignoter davantage de plants chaque année. Des solutions naturelles existent là aussi, en développant son parasite naturel. « Le trichogramme, petit insecte et ennemi des pyrales, arrête le cycle de développement du ravageur. Les trichogrammes femelles vont pondre dans l’œuf de la pyrale. La larve qui va éclore va se nourrir de cet œuf, se développer et pondre à son tour quand elle aura atteint l’âge adulte. 25 à 50 diffuseurs contenant ces trichogrammes sont accrochés sur les plants de maïs par hectare. Nous travaillons sur des mises en place de diffuseur en aérien, à l’aide de drones, mais le conditionnement n’est pas encore adapté à ce type de procédé », précise Sébastien Rousselle, directeur marketing et commercial chez Biotop.

Passer de 5 à 15 %

Le chiffre d’affaires français réalisé par le marché du bio-contrôle est estimé à 5 % du marché total de la protection des plantes. « L’objectif réaliste d’ici 2020 est établi à 15 %. Les moyens pour y arriver passeront par l’innovation en grandes cultures, en trouvant des alternatives aux herbicides ainsi qu’en intensifiant la recherche sur des usages pour les cultures orphelines », estime Denis Longevialle. La loi d’Avenir va d’ailleurs en ce sens, en accélérant les procédures d’homologations.

Homogénéiser l’émergence

Le groupe Limagrain Europe a coordonné le projet Aseeds en travaillant avec des partenaires professionnels, des centres techniques et des équipes de recherche sur les solutions de bio-contrôle en blé et maïs. « Il n’y a pas assez d’arsenaux de traitement de semences. Sans renier la chimie, nous travaillons en ayant la majorité de produits d’origine naturelle. Les livrables attendus du projet de traitement de semence Aseeds devront répondre à des caractéristiques antifongiques, répulsives et de stimulation de l’émergence des plantules. Nous nous attachons dans un premier temps aux cultures de blé et de maïs, pour ensuite porter notre regard sur les cultures de tournesol, de pois, de colza puis sur les espèces potagères », projette Jacques Foucault, directeur du développement maïs chez Limagrain Europe. Les premières semences seront disponibles en 2020-2021.

 Fanch Paranthoën

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