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Anticiper le semis de maïs

Passage progressif au semis direct

Plus largement développé sur céréales, le semis direct sur maïs a de nombreux avantages en matière de temps passé, d’économies de carburant et de maintien de la vie du sol.

Une bonne implantation de la culture de maïs passe par un semis de qualité. Pour des levées homogènes, le positionnement de la graine doit se faire dans les meilleures conditions pour optimiser ses chances de réussite. Au Gaec de la Fontaine, à Guimaëc (29), le passage d’outil de travail du sol diminue petit à petit.

Puisque ça marche…

Sébastien Marrec, un des associés du Gaec, témoigne. « Nous avons arrêté le labour en 2003, car après différents remplacements effectués dans des exploitations, dont une à Ploumiliau (22), j’ai vu que les techniques culturales simplifiées fonctionnaient. J’ai alors choisi de préparer les parcelles avec un passage de décompacteur, puis de herse rotative pour le maïs. Les gains de temps et de carburant sont significatifs », estime l’éleveur. Gagner en productivité était-il le seul but recherché ? Pas si sûr. Au bout de 2 à 3 années, il a remarqué des changements dans le comportement de ses sols.

En investissant dans un semoir en direct, le Gaec de la Fontaine arrête le travail du sol
En investissant dans un semoir en direct, le Gaec de la Fontaine arrête le travail du sol.

Les insectes sont nos amis

La vie du sol, mieux préservée sans le passage de la charrue, a travaillé la terre naturellement. « Je trouve un meilleur aspect de la terre en surface, plus facile à travailler. Elle se ressuie rapidement, sans avoir de grosses mottes. J’ai observé des attaques de limaces sur céréales les premières années d’abandon du labour, mais la régulation de ces populations de ravageurs se faisait naturellement par les carabes du sol. Le seul bémol se situe au niveau désherbage ou l’utilisation du glyphosate est systématique, et il faut veiller aux salissements par les laiterons et les liserons », décrit-il. À noter qu’ici les doses de désherbants totaux sont limités, à hauteur d’un litre par hectare environ. Avec cet arrêt du travail du sol, Sébastien a choisi de s’intéresser aux auxiliaires du sol et a diversifié ses couverts végétaux. « J’utilise des mélanges de plusieurs espèces dans mon couvert, afin de bénéficier d’une bonne couverture de sol pendant l’hiver et de profiter des différents systèmes racinaires des plantes pour structurer le sol. Des espèces comme le tournesol, la phacélie, les radis chinois, la moutarde brune ou l’avoine composent mes couverts. J’utilise également de la féverole avant maïs. C’est un très bon précédent car la structuration du sol est très bonne et l’azote libéré est disponible pour la culture suivante ». Mais le décompacteur, avec une profondeur de travail similaire à la charrue, bouleverse l’habitat des vers et autres auxiliaires souterrains. C’est pourquoi l’agriculteur guimaëcois a choisi d’investir dans un semoir pour semer en direct.

Une première en maïs

L’exploitation s’est dotée d’un semoir Sulky Easydrill de 2011 acheté à Angers. Déjà utilisé pour le semis des céréales à l’automne dernier, un essai sera mené sur l’exploitation au printemps pour le maïs. « Je ne sèmerais pas la totalité de mes parcelles avec ce semoir, car je souhaite dans un premier temps mener mes propres essais. La première contrainte est imposée par notre ensileuse, équipée d’un bec à chaîne. Les rangs du semoir devront être réglés avec un écartement de 75 centimètres pour pouvoir être récoltés. Les parcelles non concernées par l’essai semoir seront semées au Striptill. Je préfère ne pas prendre de risques sur la culture fourragère qui alimente le troupeau tout au long de l’année. Le fait de ne pas travailler le sol en profondeur assure l’implantation dans le sens ou l’enracinement du maïs est bon, et les averses d’orages n’entraînent pas les graines en bas de parcelle », estime l’éleveur qui se refuse à l’idée de faire marche arrière en revenant au labour, même dans les luzernières qui ont supporté plusieurs passages d’engins. Fanch Paranthoën

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