Energies et environnement

Portes ouvertes sur la méthanisation à la ferme

La méthanisation suscite un intérêt croissant pour le monde agricole. Le 26 septembre dernier, elle s’est montrée sous tous ses angles lors d’une porte ouverte en Ille-et-Vilaine. Du biogaz à l’agronomie, retour sur une journée riche en exemples concrets.

Environ 40 unités de méthanisation à la ferme fonctionnent aujourd’hui en Bretagne, et les projets sont nombreux. Pour nourrir les réflexions, rien de tel que des visites sur le terrain. Ainsi, en septembre, les agriculteurs ont d’abord pu visiter le site en construction de l’unité de méthanisation de Samuel Morand (SARL Méthalica) à Iffendic (35). Ils ont ensuite découvert une plateforme d’essais de Cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive) à Guipel, présentée par Sébastien, Mathieu et Joël Lavolée, du Gaec du Gué.

Ici, un mélange Méthanicouv (tournesol, moha, niger)
La « ration » du méthaniseur : les Cive ont alors toute leur importance. Ici, un mélange Méthanicouv (tournesol, moha, niger).

Une unité de méthanisation en construction

Samuel Morand va pouvoir injecter ses premiers kilowatts heures électriques d’ici la fin de l’année. Intéressé très tôt par la méthanisation, le contexte réglementaire incitatif a remis son projet « sur les rails » à partir de 2011. Il est accompagné depuis 2012 par Triskalia, et « il n’y a pas eu de mauvaises surprises jusque-là » explique-t-il. Son unité, à travers la valorisation des effluents d’élevage (bovin lait, porc) et des cannes de maïs, va permettre la production d’un biogaz stable dans sa composition. Après cogénération, l’électricité sera vendue sur le réseau et la chaleur ira à ses bâtiments porcins. Le choix du constructeur s’est porté sur Weltec Agripower, société française située près de Nantes. Si l’offre des constructeurs est aujourd’hui abondante, la rentabilité d’une unité de méthanisation est d’abord liée à sa fiabilité technique. Il est donc impératif d’identifier les points clefs.

Un projet bien mené, c’est également un gisement maîtrisé. Les Cive, riches en biomasse, confortent la « ration » du méthaniseur et peuvent s’insérer dans l’assolement sans impacter les cultures principales. Encore faut-il trouver le bon mélange, adapté à son système et aux conditions pédo-climatiques. C’est pourquoi la journée méthanisation présentait une plateforme d’essais de cultures intermédiaires à vocation énergétique au Gaec du Gué à Guipel (35). Les associés du Gaec raisonnent de plus en plus leurs choix de Cive, depuis la mise en route de leur unité de méthanisation, en février 2013. Ils se sont donc tout naturellement investis dans une démarche d’essais aux côtés de Triskalia.

Une question ? Une réflexion à mener ?

Triskalia mutualise ses compétences pour faire avancer les réflexions de ses adhérents vers des projets pertinents et adaptés. La coopérative accompagne les porteurs de projet tout au long de leurs démarches, de la première réflexion à la livraison des premiers kilowatts. Pour toute question : Mathieu Dufour au 06 25 13 71 00 Service méthanisation (mathieu.dufour@triskalia.fr).

Cive : objectif biomasse

Moha, trèfle, seigle, avoine, tournesol, niger, sorgho : sur 2 hectares de parcelle, plus d’une dizaine de mélanges ont été présentés aux visiteurs, dont certains plus adaptés à la production de biomasse. On parle de Cive d’hiver pour des cultures implantées en septembre et récoltées en avril (comme le seigle) ou de Cive d’été pour des cultures implantées de juin à août et récoltées avant les premières gelées. Dans ce dernier schéma, les essais, conduits avec l’appui de Lénaic Orhan, technicien cultures Triskalia, montrent que le mélange moha – niger – tournesol ou le sorgho présentent le plus haut potentiel de production de biomasse (5 à 9 tonnes de MS / hectare).

En effet, au-delà du pouvoir méthanogène du mélange choisi, critère indispensable, c’est le rendement obtenu qui va fixer la rentabilité d’une Cive. Comme le soulignent les associés du Gaec, en termes de photosynthèse, « 1 jour de juillet = 3 jours de septembre », d’où l’objectif d’une implantation la plus précoce possible pour une Cive d’été. Cette année, le Gaec a récolté sur son exploitation un mélange d’avoine diploïde, de moha, de trèfle d’Alexandrie, implanté après de l’orge ou du blé. Avec 16 T de matière brute / hectare à 20 % de MS, le résultat par hectare est de 270 €. Ce chiffre prend en compte le chiffre d’affaires de la vente d’électricité et les charges d’implantation de la culture (mécanisation, main-d’œuvre, semences, fertilisation). Par ailleurs, un maïs ensilage précoce succède à ce méteil : il peut ainsi conforter les intrants de la méthanisation ou le stock de fourrage, en fonction des besoins.

Les repousses d’orge dans les Cive, limitées aujourd’hui par un faux semis préalable, seront gérées demain par une récolte des menues pailles, ce qui permettra également d’implanter les Cive plus tôt, d’après les associés du Gaec. Par ailleurs, le tournesol sera intégré au mélange actuel pour gagner en matière sèche et en rendement. Du biogaz à l’agronomie, en passant par la gestion de la chaleur et des effluents d’élevage : cette journée a donné du grain à moudre aux porteurs de projets présents… et des idées à foison ! Mathieu Dufour / Triskalia

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