Chou-fleur : changer les conduites de la culture

methode-production-chou-fleur - Illustration Chou-fleur : changer les conduites de la culture

De nouvelles méthodes de production voient le jour, grâce aux essais menés au sein de la Chambre d’agriculture ou du Syntec.

Un changement dans les itinéraires techniques peut se faire grâce aux derniers essais très concluants de la Chambre d’agriculture. « La profession peut montrer des réticences à l’association du chou à d’autres espèces, car les habitudes font que le chou-fleur est cultivé seul, avec zéro concurrence. L’idée de favoriser les populations de limaces ou les maladies cryptogamiques est fausse. Des essais en association avec de l’avoine brésilienne ou du ray-grass italien évite des lixiviations d’azote sans faire office de plante hôte pour les indésirables », estime Vianney Estorgues, de la Chambre d’agriculture du Finistère.

La bonne date de semis

En semant l’espèce cohabitante après le dernier passage de bineuse, les graminées ne concurrencent pas la culture. Elle se développera en revanche après la récolte. « Le piégeage d’azote s’avère important, de 40 à près de 100 unités suivant la période de semis. Pour des implantations tardives en septembre ou octobre, les résultats sont beaucoup moins significatifs. Le chou-fleur supporte d’autres végétaux pendant son cycle de production, à condition que les plantes restent en dessous du feuillage de la brassica. De ce point de vue, les ray-grass italien diploïdes semés à 20 kg par hectare semblent tirer leur épingle du jeu en restant étalés alors que l’avoine implantée à raison de 40 kg par hectare a une croissance plus rapide et a tendance à monter plus dans le chou. Il faut enfin remettre en cause la stratégie de désherbage quand deux tiers des producteurs ont recours à un désherbage chimique : les graminées seront bien sûr sensibles aux applications de Butisan S ou de Centium », rappelle-t-il. Le couvert limitera également l’érosion et valorisera les restitutions importantes pendant le printemps, période ou la minéralisation est élevée.

C’est dans cette même optique que l’étude d’une symbiose entre des légumineuses et le chou-fleur est à réfléchir, en créant un cercle vertueux : moins de fuite d’azote, moins d’apport d’engrais minéraux ou organiques pour un revenu du producteur supérieur. Les essais en cours de Christian Porteneuve, à la station du Syntec de Pleumeur Gauthier (22), vont dans ce sens, car la culture reste gourmande en engrais azotés : « Il nous reste à déterminer quel sera le mélange optimal pour les variétés d’automne ». Les idées ne manquent pas pour concilier environnement et productivité. Fanch Paranthoën


Fermer l'écran superposé de recherche

Rechercher un article