Productions Agricoles

Semer sous couvert de luzerne

Erwan Caradec utilise depuis quelques années du matériel de semis direct pour l’implantation de ses cultures sous couvert végétal.

Le groupe d’agriculteurs adepte des techniques culturales simplifiées et du semis direct est très dynamique en Bretagne. Dans le Finistère, l’utilisation de matériel de semis ouvre les portes à des innovations importantes sur le plan agronomique et écologique. Situé en baie de Douarnenez, Erwan Caradec fait partie des adeptes de la méthode.

Semis sous couvert de luzerne

La luzernière de l’exploitation a été implantée depuis 6 ans. En 2013, l’exploitant y a semé en direct du blé. « L’implantation de ma céréale a été faite le 5 octobre après une dernière fauche. Semée à 110 kg par hectare avec un PMG de 54 grammes, j’ai été vigilant par rapport à la précocité de la variété pour limiter le risque de gel d’épi. À la sortie de l’hiver, j’ai freiné le développement de la luzerne avec de l’Allié®. La culture ne nécessitant pas de protection fongique, je m’en suis passé. En parallèle, un essai azote était mené. La culture a donc reçu 20 m3 de lisier de porc au 20 février, soit 60 unités efficaces. Cette fertilisation organique a tout de même eu le désavantage de resalir la parcelle par endroits, les adventices profitant aussi de l’apport. Le reste de la nutrition de la céréale a été fourni par la luzerne elle-même. La luzerne est une plante qui peut monter haut, si bien qu’à la fin juillet les épis de blé dépassaient tout juste. J’ai moissonné les épis au 28 juillet, pour enfin faucher le mélange paille/luzerne le lendemain. Les quelque 7 tonnes de paille pressée sur 1,6 ha sont valorisées par les vaches, avec de la fibre apportée par la céréale et des protéines produites par la luzerne. Au final, mon blé aura donné 80 quintaux à 80 de poids spécifique », explique Erwan Caradec.

Le fourrage produit par le mélange blé/luzerne
Le fourrage produit par le mélange blé/luzerne.

Méteil sous couvert

Cet automne, c’est un méteil à base de pois, d’avoine et de triticale qui a été semé. « Après deux fauches de luzerne, une au début septembre et la seconde au 14 octobre, j’ai semé en mélange 40 kg de pois Assas, 80 kg d’avoine noire et 120 kg de triticale Bellac. Ce dernier doit être solide car il servira de tuteur. Ainsi, mon sol est toujours occupé, il n’y a pas de temps mort. La récolte de cette association méteil luzerne se fera au mois d’avril. Après un léger désherbage au glyphosate à 0,8 L par hectare à 100 L d’eau, je sèmerai mon maïs en direct avec si besoin un engrais en localisé pour booster le démarrage. La culture ne sera pas concurrencée par la luzerne à la levée et le semis est d’autant plus facile sous couvert : la terre ne vient pas coller aux roues de jauge et fausser la profondeur de positionnement de la graine », indique-t-il. Les racines très bien développées de la luzerne peuvent atteindre deux mètres de profondeur, assurant ainsi la circulation de l’air et de l’eau.

Préserver la structure de son sol

« Je peux facilement épandre mon lisier à la sortie de l’hiver, vers le 20 février sans marquer les sols, qui restent très portants. L’intervention, même après 25 mm de pluie, est possible dès le lendemain. J’ai aussi peu de concurrence avec les adventices car les sols sont couverts en permanence, et le fait de ne pas travailler son sol limite les levées de graines plus profondes. Il faut toutefois être vigilant aux dates de semis forcément plus précoces, car je ne bénéficie pas du réchauffement de la terre par le passage d’outils. Les céréales sont toujours semées avant la Toussaint. Je laisse de ce fait le temps au maïs de mûrir, sachant que je n’ai plus de chantier de semis de céréales » conclut l’exploitant. Fanch Paranthoën

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