Ille-et-VilainePolitique et Syndicalisme

Des fermes créatrices d’emploi

Les fermes économes sont créatrices de valeur ajoutée, elles peuvent aussi générer de l’emploi, maintenir un tissu économique sur les territoires ruraux.

Si l’agriculture n’est pas perçue par la société comme un secteur générant des emplois, le potentiel est pourtant là, sur les territoires. C’est ce que les responsables de l’Adage ont démontré lors de leur assemblée générale, le 25 novembre à Cesson-Sévigné. Gîte à la ferme, transformation de produits fermiers, lieu de vente… Plusieurs créateurs d’emploi en milieu rural sont venus témoigner.

La solution du groupement d’employeurs

Laurent Lamy, agriculteur à Corps-Nuds, vient d’embaucher un salarié en groupement d’employeurs avec deux autres producteurs laitiers près de chez lui, installés sur des structures similaires (60 ha, 30-40 VL). « Je l’ai fait pour me libérer du temps et sécuriser mon exploitation en individuel. Quelqu’un d’autre que moi connaît le fonctionnement… », précise l’éleveur qui a aussi conservé son adhésion au service de remplacement. La réflexion a été menée pendant un an, avec l’aide d’une juriste d’un centre comptable. L’embauche s’est finalisée en octobre dernier. « Nous nous voyons régulièrement, nous nous entraidons, mais un planning est réalisé une fois par mois. »

Le salarié passe un tiers de son temps sur chaque exploitation. Auparavant employé au service de remplacement, le salarié bénéficie aujourd’hui d’une planification et ne travaille quasiment pas le week-end. Un avantage quand on a 19 ans. Aux yeux de Laurent Lamy, « le plus difficile est de trouver le salarié ayant la capacité, la motivation et la pratique. Il doit en plus correspondre aux trois personnes. »

Michel Boissel, agriculteur à Yvigniac-la-Tour, dans les Côtes d’Armor près de l’Ille-et-Vilaine, s’est quant à lui investi dans une démarche bois énergie pour valoriser les haies replantées sur l’exploitation à partir de 1995. « Pour limiter l’érosion des sols, faire de l’ombre aux animaux, jouer un rôle de brise-vent », explique l’agriculteur. Souhaitant valoriser le bois issu des haies, le producteur a participé en 2008 à la mise en place de la Société Coopérative d’Intérêt Collectif énergies renouvelables (SCIC ENR) Pays de Rance. « Les subventions des collectivités au départ ont permis l’embauche d’un salarié à mi-temps qui a réussi à convaincre de l’intérêt des chaudières bois. Aujourd’hui, nous employons 10 salariés et faisons travailler des ETA et des paysagistes : l’équivalent de 20 emplois au total. »

« Les consommateurs ont du pouvoir. »

« Nous savons que le modèle agricole avec des exploitations denses sur le territoire est plus à même de créer des emplois. Mais il existe un lobbying économique derrière, qui ne voit aucun intérêt à avoir de multiples sites d’exploitation », a noté un des intervenants au débat. « Les politiques n’ont pas tellement de pouvoir, les consommateurs en ont. C’est vers eux que nous devons organiser notre stratégie », intervient un autre. Pour Denis Gaboriau, ancien président de la FNCivam, les aides ne sont pas forcément une solution, orientant « vers une agriculture de consommation d’intrants et de capitalisation. Faisons plutôt de l’éducation populaire. » Agnès Cussonneau

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