Productions Agricoles

Une dynamique bio

Vocation Mickaël Pont a réalisé son rêve de jeunesse. Il est devenu agriculteur bio. Après avoir démarré seul, il est aujourd’hui associé sur son exploitation, membre d’un GIE pour la commercialisation de sa production, et d’un groupement d’employeurs pour ses besoins en main-d’œuvre. Itinéraire.

Cet hiver, pour la première fois, Mickaël Pont ne sera peut-être pas mobilisé par l’un de ces gros chantiers qui ont jalonné la vie de son exploitation ces dernières années. Construction de hangars, raccordement au réseau… Depuis son installation, il y a cinq ans, le jeune agriculteur ne compte pas les heures passées à l’amélioration de son outil de travail. « C’est un investissement constant ». Et s’il estime « ne pas avoir encore atteint la vitesse de croisière », l’EARL « Le pépin et la plume » a déjà belle allure.

Originaire de Brest, fils d’ouvriers… rien ne prédestinait Mickaël à devenir agriculteur. « Vers 14-15 ans, comme pas mal d’adolescents, je cherchais ma voie ». À l’âge où certains ressentent l’appel du large, lui s’est tourné vers la terre. Et a orienté ses études pour mener à bien son projet professionnel : « Devenir paysan ».

Mickaël Pont s’est installé en 2009
Mickaël Pont s’est installé en 2009 sur 7 ha de terres.

Une bouffée d’oxygène

Son BTS Acse en poche, il met le cap sur le CFPPA du Rheu, en Ille-et-Vilaine. « Là-bas, pendant deux ans, j’ai réhabilité un verger abandonné pour en faire un atelier pédagogique ». Une expérience qui le confirme dans sa vocation agricole. Lorsqu’il revient s’installer dans le Finistère avec son épouse, Mickaël Pont intègre le groupement des agriculteurs bio du Finistère, à Daoulas, en tant que technicien. Un poste qu’il occupe durant 8 années et qui va lui permettre de mûrir son projet d’installation. « Cela a toujours continué de me trotter dans la tête. Mais ma femme travaillant à Morlaix, il fallait que je trouve des terres à proximité de La Roche Maurice où nous habitons ».

Par le biais du Gab, il apprend qu’une ferme bio d’une vingtaine d’hectares est en vente sur la commune. Le cédant acceptant de fractionner ses terres, Mickaël en achète 7 hectares et s’installe comme agriculteur bio. Afin de limiter les investissements financiers, il construit lui-même le bâtiment d’élevage qui accueille ses 600 premières poules pondeuses. « Après avoir vérifié que le marché était porteur, durant l’hiver, j’ai construit le centre de conditionnement pour les œufs ». Viendront ensuite la plantation du verger, la construction d’un hangar, le raccordement au réseau électrique, un deuxième bâtiment pour les poules… « Pendant toute cette période, ma priorité était d’aller de l’avant pour pérenniser mon outil de travail. Partir de rien, c’est délicat… Durant cette phase de démarrage, je n’ai pas réussi à me sortir un vrai salaire. Je faisais des fraises pour dégager un peu de trésorerie et payer la main-d’œuvre sur le verger. Et les poules me permettaient de rembourser les emprunts et de régler mon salarié ».

En 2012, le projet trouve une nouvelle dynamique avec l’arrivée de Mathieu Guyomard. « Alors que je pensais arrêter les fraises parce que cela faisait beaucoup avec le verger et les poules, l’association avec Mathieu au sein de l’EARL « Le pépin et la plume » nous a permis d’augmenter la surface de fraises, de passer à 3 000 poules pondeuses et de compléter les 3,5 hectares de pommiers avec 1,5 hectare de poiriers ».

Pas tous les œufs dans le même panier

Dans la foulée, l’EARL s’associe avec trois autres fermes bio (Gaec du Castel Du à Plouénan, Patrice Madec à Carantec et EARL Roch Glas à La Roche-Maurice) pour créer le GIE Douar Bev (terre vivante en breton), avec le concours financier du Crédit Mutuel de Bretagne. « Notre objectif est de mutualiser la partie commercialisation. Via le GIE, nous livrons les Biocoop du Nord-Finistère et nous sommes présents sur 5 marchés hebdomadaires, de Brest à Quimper ». Pour permettre à ses clients de ne pas faire la queue et leur assurer de trouver les produits de leur choix, le GIE lance cette semaine son propre site internet à l’adresse www. composer-son-panier-bio.com. « C’est un service supplémentaire que nous proposons à notre clientèle sur les marchés, précise Mickaël Pont. Il n’y aura pas de dépôt de paniers ailleurs que sur notre stand. L’idée pour nous est de ne pas perdre une clientèle qui arrive parfois tard sur le marché et qui, de ce fait, n’y trouve plus les produits qu’elle espérait. Ce système de précommande nous permet, en outre, d’anticiper le frais ! »

Plusieurs des fermes ayant des besoins de main-d’œuvre et pas forcément toutes au même moment durant l’année, un groupement d’employeurs a vu le jour. Quatre CDI ont ainsi été créés en 2013. Voilà qui devrait aider Mickaël Pont à relever son nouveau défi : mieux concilier vie professionnelle, vie familiale et vie sociale. Juste une question d’équilibre.

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