Economie, marchés et gestion

Fermentation du fourrage, agir pour diminuer les risques d’incendie

Contrairement aux idées reçues, le démarrage d’un incendie dans les stockages de fourrage ne nécessite pas systématiquement la présence d’une source de chaleur extérieure.

En effet, de mauvaises conditions de séchage, une humidité élevée, un tassement excessif, une aération insuffisante, peuvent se traduire par une surfermentation. Outre la dépréciation de la qualité nutritive des fourrages, ce processus de combustion lente entraîne à l’intérieur des tas un accroissement important de la température. Dans sa phase finale, cette surfermentation (pouvant s’étaler sur plusieurs semaines) déclenchera l’incendie : c’est l’auto-inflammation.

Le mécanisme de la fermentation

Si le foin n’est pas bottelé parfaitement sec (humidité > 20 %), les bactéries présentes continuent leur vie, dégageant  vapeur d’eau et chaleur. Les températures peuvent atteindre 80°C : c’est la fermentation. Le risque d’auto-inflammation du fourrage est alors maximum. Il est généralement admis que la paille ne fermente pas (ou peu). C’est dû au fait qu’elle est généralement beaucoup plus sèche que le foin. Quand la céréale est mûre pour être récoltée, la tige qui constitue la paille est sèche depuis longtemps.

Les moyens de prévention à respecter

Lors du fauchage

Effectuer la fauche au moment où la météo annonce au moins deux jours de beau temps et une perspective correcte au-delà de ces deux jours. Assurer un séchage rapide et homogène. Faner une ou deux fois par jour pour exposer au soleil les brins les plus humides et permettre à l’air de circuler dans les couches de fourrage.

Lors de l’engrangement

S’assurer que le foin soit bien sec avant de le rentrer. Si le séchage a été rapide (temps ensoleillé), laisser les brins ressuer deux jours minimum et ne les rentrer que si leur température ne dépasse pas la température ambiante. Si le séchage a été lent (temps nuageux ou orageux), les laisser ressuer au moins une semaine puis ne les rentrer qu’après contrôle de leur température. Si les balles se mettent à chauffer, les isoler en plein champ. Une autre solution pour éviter le risque d’incendie : l’enrubannage hermétique.

Caractéristiques du stockage

Séparer les risques en ne stockant pas le fourrage à proximité de sources potentielles d’incendie (tracteur, chargeur de batterie, atelier, produits phytosanitaires…), sauf si une distance de 10 m est respectée ou si un mur en parpaings est monté du sol au faîte. Éviter de trop serrer les balles ; Assurer une ventilation maximale du bâtiment ; Contrôler l’étanchéité de la toiture ; Aménager un espace de manœuvre suffisant autour des tas et des bâtiments à fourrage ; Équiper le bâtiment en extincteurs et en tuyaux d’eau (eau pulvérisée avec additif, ou poudre).

Les moyens de contrôle

Le dégagement de vapeur d’eau : une condensation en partie supérieure du tas est le signe d’un échauffement anormal.

  • Les odeurs dégagées par le fourrage : une odeur caractéristique de « roussi » prévient du danger d’incendie.
  • L’aspect du fourrage : après stockage, le tassement anormal du fourrage est un signe d’alerte.
  • La sonde à fourrage (le plus sûr moyen) : elle est constituée de plusieurs tiges métalliques dont l’une renferme à son extrémité un thermomètre.
Conseils d’utilisation de la sonde à fourrage
Conseils d’utilisation de la sonde à fourrage.
Mots-clés

Peut vous intéresser

Bouton retour en haut de la page
Fermer