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Des stratégies pour lutter contre les pucerons

Les stations expérimentales bretonnes recherchent des solutions alternatives pour une lutte intégrée efficace contre les pucerons noirs dans la culture de concombre.

Lors d’une journée technique organisée par InterBio Bretagne à Auray, le 14 avril, les stations expérimentales bretonnes ont montré des résultats d’essais en légumes biologiques, devant techniciens et producteurs. Elles ont entre autre évoqué les stratégies de lutte intégrée contre les pucerons noirs, problème récurrent et très préjudiciable sur les concombres en été.

Transférer la protection biologique du printemps à l’automne

A Terre d’Essais, à la station de Pleumeur-Gautier (22), l’expérimentation a consisté à installer une protection biologique avec des auxiliaires sur des courgettes au printemps. Ces plants sont enlevés progressivement en juillet, avec une contre-plantation de concombre. Une arrivée plus tardive des pucerons ainsi qu’un ralentissement de la progression du ravageur sur la culture d’automne ont été observés. De plus, la fin de la récolte a ainsi pu être retardée, favorisant des résultats agronomiques intéressants : 11,6 contre 8,2 fruits récoltés au m2 pour le témoin. « Avec un seul lâcher supplémentaire d’auxiliaires en septembre, la démarche représente un coût de 0,07€/m2 contre 0,30 €/m2 dans la cellule témoin qui a, quant à elle, exigé 4 lâchers de fin juillet à mi-septembre », relève Guillaume Rostoll, directeur de la station.

Essais avec des cultures associées

Même combat mais avec une approche différente à la station expérimentale d’Auray (56) par la Chambre d’agriculture. « On a voulu perturber et retarder l’arrivée du puceron en associant la culture de tomate au concombre, laissant ainsi le temps aux auxiliaires de s’installer à une période plus favorable », explique Maël Le Lan, responsable des expérimentations. La tomate est implantée 1,5 mois avant le concombre, pour pouvoir ensuite adapter les besoins en eau des deux cultures. La culture associée a subi une baisse de rendement de 14 %. « Ce résultat s’explique plus par un effet concurrence qu’un effet inhibiteur, relaté sur le terrain mais pas référencé dans la bibliographie », analyse Maël Le Lan. La tomate s’est bien développée et a engendré une perte de précocité des concombres. Cette expérience a prouvé que la taille et le palissage de la tomate est à suivre de près pour laisser la place aux concombres. Mais ramenés à la surface, les potentiels de production sont équivalents : 9 kg/m2 en monoculture pour 4 kg de concombre en culture associée auxquels s’ajoutent 5 kg de tomate.

Des résultats agronomiques encourageants

Les deux démarches ne résolvent pas le problème du puceron noir, qui reste présent sur la culture de manière importante en fin de culture, « mais on vit mieux avec  », résume Guillaume Rostoll. Les deux essais seront reconduits pour valider ces premiers résultats et affiner les protocoles d’expérimentation. Carole David

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