Betterave : un désherbage aux petits oignons

Les vaches disposent de deux distributions de 600 kg par jour. - Illustration Betterave : un désherbage aux petits oignons
Les vaches disposent de deux distributions de 600 kg par jour.
Très riche en UF avec un rendement élevé à l’hectare, la betterave est l’atout de l’éleveur, quand le désherbage est maîtrisé.

Pour réussir sa culture de betterave fourragère, le désherbage est un point important qu’il faut absolument réussir. En culture conventionnelle, la solution chimique « facilite » en quelque sorte le travail. Pour les agriculteurs convertis en production biologique, la tâche est plus compliquée et demande une forte technicité, comme ont pu le remarquer des éleveurs venus assister à un groupe d’échange sur le sujet, et organisé par le Gab 29.

Inter rang de 50 ou 75 ?

Ces rencontres techniques font bénéficier des connaissances dont chacun dispose : des projets de conversion en bio, avec culture de la chénopodiacée sont dans les cartons. Pour témoigner sur son système de culture, le groupement des agriculteurs bio a fait appel à Yannick Jestin, jeune éleveur de 50 vaches laitières à Lanmeur (29). « Sur les 47 ha de l’exploitation, 44 sont en herbe et 3 en betterave. Tout est donc semé après pâture labourée. Après un passage de herse rotative pour effectuer un faux-semis, je sème en 2 fois, à une semaine d’intervalle ». Après un séjour de 15 jours au congélateur, les graines enrobées sont mises à l’air le jour même du semis pour lever la dormance.

Les levées sont ainsi plus régulières. « Je sème avec un inter-rang de 50 cm, ce qui correspond à l’équipement de l’exploitation : Je  n’ai pas constaté de gain de rendement par rapport à un semis à 75 cm », note Yannick Jestin. L’espace entre chaque graine, de 21 cm, semble convenir. « J’ai mis en place un essai avec des graines tous les 17 cm, mais les racines à la récolte étaient trop petites ». Dans son choix variétal, le Finistérien a opté pour Merveille, variété de couleur rose/rouge enterrée, et disponible en non-traitée. « Le faible nombre de multiplicateurs nous laisse peu de choix dans le panel de variétés », déplore-t-il.

[caption id=”attachment_16764″ align=”aligncenter” width=”600″]La houe maraichère sera prochainement testée par le GAB 29. La houe maraichère sera prochainement testée par le GAB 29.[/caption]

Bineuse à dent de lièvre et binette

Le binage intervient au stade 2 feuilles de la betterave, avec une bineuse à dent de lièvre, à 5 cm du plant. Plusieurs passages sont nécessaires, combinés avec une intervention manuelle à la binette. « Avec l’utilisation de la petite binette, chaque plant est vu, il est possible d’effectuer un démariage ». Un travail fastidieux, mais qui porte ses fruits.
Le désherbage à la houe rotative, très efficace, est conseillé par Yann Evenat, technicien en polyculture-élevage au Gab 29. « C’est un outil très efficace, s’il est utilisé au bon moment. L’idéal reste le post-semis pré-levée, quand aucune adventice n’est visible. Le stade filament des mauvaises herbes est très sensible à cet outil qui doit être passé à plus de 17 km/h. Si la feuille vraie est apparue, c’est trop tard ».

Le chantier de semis interviendra la semaine prochaine dans ce secteur proche de la côte, peu exposé aux gelées tardives. Les racines sont récoltées en plusieurs fois, avec des arrachages s’échelonnant jusqu’au début de mars. « Je stocke les betteraves simplement sur dalle béton », note le producteur. Pour compléter cette journée, le groupement des agriculteurs bio prépare prochainement un essai de désherbage à la houe maraîchère à doubles roues, équipée de dents de lièvre pour un passage sur le rang.


Fermer l'écran superposé de recherche

Rechercher un article